Bienvenue à toutes et à tous sur ce site renfermant des articles touchant à des thèmes variés
  • Accueil
  • > POLITIQUE
  • > LA QUESTION IDENTITAIRE EN ALGÉRIE / Crimes organisés et alliance délibérée avec la France coloniale, perfidie pour imposer et asseoir l’arabo-islamisme, un concept en totale inadéquation avec la véritable identité de l’Algérie

LA QUESTION IDENTITAIRE EN ALGÉRIE / Crimes organisés et alliance délibérée avec la France coloniale, perfidie pour imposer et asseoir l’arabo-islamisme, un concept en totale inadéquation avec la véritable identité de l’Algérie

Bref historique sur l’identité de l’Afrique du Nord ou Berbérie

LA QUESTION IDENTITAIRE EN ALGÉRIE / Crimes organisés et alliance délibérée avec la France coloniale, perfidie pour imposer et asseoir l'arabo-islamisme, un concept en totale inadéquation avec la véritable identité de l'Algérie dans POLITIQUE amazigh11-150x150L‘Afrique du Nord ou Berbérie est ce vaste territoire, s’étalant de l’Egypte (à l’est) aux Canaries (à l’ouest) et couvrant plusieurs pays dont l’Algérie, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la Tunisie, le Maroc, le Sahara occidental… C’est cela la Berbérie ou Tamazgha (terre des Imazighen que sont les Berbères) que les hommes politiques de l’ère contemporaine, représentant (légitimement ???…) les États de cette portion de continent, se sont donnés le mot et la latitude de nommer « El Maghrib el âarabi«  (Le Maghreb arabe).

Ce dont a découlé cette appellation d’ « Union du Maghreb arabe » (UMA), par ce collectif politique, donné à ce qu’il considère comme faisant sa cohésion alors que le Nord, le Centre et le Sud réunis, donc les États du continent, formaient en commun l’OUA (Organisation de l’unité africaine), devenue plus tard l’UA (Union africaine). N’est-ce alors pas ici, en filigrane, un renoncement délibéré à ses origines par ce fait de se calquer corps et âme à autrui ? Par quel(s) argument(s) peuvent-ils donc justifier leur position sibylline d’appartenance naturelle au continent africain en se confondant de façon simultanée et sans réserve à l’Arabie ?                                                                                                                                                      

Entre autres actes « délictueux » conséquents audit comportement saugrenu dont sont comptables ces pseudo-califes, il y a en particulier l’occultation de l’histoire « multimillénaire » des peuples amazighs (berbères) et la mise au rebut de leurs propres parlers et mœurs pour qu’ils leurs imposent sans lésiner ceux importés de cette péninsule de 3 millions de km2, sise à l’extrémité sud-ouest de l’Asie, ce continent voisin ! En termes clairs comme de l’eau de roche, il s’agit là de la confiscation pure et intransigeante de l’identité relative auxdites communautés ! Et, somme toute, cette junte (terme qui sied à merveille puisque caractérisant bel et bien un « abus d’autorité » ou, mieux encore, le « règne de l’arbitraire« ) a réussi quasiment (apportons la précision ici que certaines populations sont demeurées réfractaires au virus et, pour exemple, citons ces Kabyles, en Algérie, communauté ayant battu le record à travers toute l’Afrique du Nord avec un taux oscillant entre 95 et 100 %) sa métamorphose consistant à transformer des Amazighs (Berbères) en Arabes !                                                            

C’est là, incontestablement, une insulte à Massinissa et autre Jugurtha voire un crachat sur les tombes de ces pionniers de la TERRE DES HOMMES LIBRES… parmi tant d’autres héros de ces temps reculés !

 

La question identitaire dans cette Algérie, partie prenante de l’Afrique du Nord ou Berbérie

flagge-algerien-23-150x99 Crise identitaire /// dans POLITIQUELa question de l’identité, en Algérie, ne date pas d’hier. Cela remonte à l’orée de la décennie 1930.

Ce ne sont, pour ainsi dire, que les retombées de cette pierre d’achoppement d’avant la Seconde Guerre mondiale qui fonderont, pour commencer, la crise de dix-huit mois, laquelle sera réduite à des dissensions du PPA-MTLD (Parti du peuple algérien – Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques). Ce sera alors, et sans conteste, une première dans les annales du mouvement national avec ses berbérophones « aguerris » qui déclareront, de façon tout à fait ouverte, leur identité et qui feront montre d’une volonté intense de se réapproprier leur histoire plusieurs fois millénaire.

Très vite, le noyau d’affirmation qui forme, de façon simultanée, l’aile radicale du parti, sera étouffé. Par conséquent, de nombreux nationalistes berbérophones seront éliminés dont certains par dénonciation aux forces répressives coloniales. 

Le premier « Printemps berbère » est né et le maître d’œuvre ne sera autre qu’Amar Immache. Un printemps certes étouffé mais pas du tout anéanti.

md-ou-idir-ait-amrane-33-150x106De là, sensibilisés par les vétérans de la cause berbère, une kyrielle d’étudiants et de lycéens reprendront le flambeau. Il s’agira notamment d’Ali Laïmèche, Amar Ould-Hamouda, Belaïd Aït-Medri, Mohand Saïd Aïche et Mohand Ou-Idir Aït-Amrane (c’est lui qui sera le président du Haut Commissariat à l’Amazighité, HCA, dans le courant du deuxième trimestre de l’année 1995). Cette nouvelle génération sera animée d’un enthousiasme exemplaire et ira de l’avant pour assurer l’étude et la réhabilitation des langue et culture berbères.

Ce prompt éveil du courant berbérophone terrorisera au plus haut point les tenants de l’arabo-islamisme, à telle enseigne qu’ils ne toléreront même pas la traduction d’un discours religieux de l’arabe littéraire au berbère. De tels indices, amplement révélateurs, exposent au grand jour l’atmosphère qui régnait au sein du mouvement nationaliste.

Une telle prise de conscience identitaire, sans pour autant mettre en marge cette maturation politique manifestée, déclencheront sur le coup le processus de blocage et déboucheront sur la volonté de certains berbérophones de clarifier politiquement la véritable identité historique de l’Algérie et rechercher par quel(s) moyen(s) l’intégrer à l’intérieur du mouvement national dont l’idéologie était, jusque-là, exclusivement arabo-islamique.

Ladite effervescence culturelle et politique suscitera, parmi les militants de la cause berbère, une réflexion sur les questions nationale, démocratique et linguistique. Mais l’impitoyable répression des manifestations du 8 Mai 1945, refoulera pour une période de telles questions. Conscients de l’hostilité du PPA à la réhabilitation des langue et culture berbères, les responsables formant l’aile berbérophone chercheront à jeter un fondement rationnel au mouvement nationaliste, seul cadre permettant d’assumer la dimension amazighe. La question identitaire se trouvera, par conséquent, indissociable de celles de l’indépendance nationale et de la démocratie.

Cette approche sera développée au mois de mars de l’année 1946 par les cadres militants de la cause berbère, devant Amar Khellil, délégué officiel du parti, en présence de quelques autres militants, notamment Amar Cheikh, Messaoud Oulamara, Belaïd Aït-Medri, Salem El-Hadj et Mohand Amokrane Khelifati, pour qui la mise entre parenthèses de la question berbère sera décidée à ladite rencontre.

Le 11 mars de l’année 1954 naîtra, à l’initiative d’anciens militants du PPA-MTLD, une association (laquelle sera occultée par tous les historiens algériens) qui aura pour mission la prise en charge de la question berbère. La mise sur pied de cette structure représentera la dernière manifestation explicite de la revendication linguistique berbère avant que le pays ne recouvre son indépendance nationale.

kateb-yacine2Et ce ne sera qu’en 1965 que la question berbère sera remise sur le tapis et seulement dans les milieux universitaire et intellectuel, sur fond de conflit avec le parti du FLN et l’UNEA (Union nationale des étudiants algériens).

L’un des rares voire le seul intellectuel algérien à s’exprimer ouvertement en faveur de l’enseignement de la langue ancestrale qu’est tamazight, sera Kateb Yacine.

C’est à la même époque que Mouloud Mammeri recevra l’ordre verbal d’Ahmed Taleb El-Ibrahimi (alors ministre de l’Enseignement supérieur), pour l’ouverture, à titre informel, d’une chaire de langue berbère à la Faculté centrale. En clair, ce projet, sans fondement aucun puisque n’ayant nul caractère officiel, n’avait pour seul et unique objectif que de calmer le mouvement estudiantin. La première année verra très peu d’étudiants qui seront attirés par le cours mais, dès la deuxième année, le nombre s’accroîtra toujours davantage et cet éveil de la communauté estudiantine pour l’étude de la langue berbère suffira amplement pour que le pouvoir en place procède à la fermeture pure et simple de ladite chaire. 

Et, dès cet instant, ce sera le retour en force du discours officiel arabo-islamique, exclusiviste et négateur. Kateb Yacine agira spontanément pour dénoncer de tels discours, notamment dans les termes qui suivent : « Au nom d’une arabisation démagogique, on continue à assommer le peuple avec une langue classique qu’il ne parle point.« 

Dans un tel contexte, affirmer ou revendiquer la réalité berbère serait certes s’exposer et être taxé de divers qualificatifs se traduisant quelque peu comme une traîtrise à la nation où le contrevenant est taxé de : « contre révolutionnaire« , de « réactionnaire » et de moult autres accusations qui se verront, tel un processus automatique, suivies d’arrestations arbitraires et, le plus souvent même, de… tortures.

Désormais, la langue berbère sera frappée d’interdiction d’usage jusque dans les tribunaux. Pis encore ! Après la fermeture des radios locales, avec pour toile de fond les stations qui usent de la langue amazighe pour la diffusion de leurs programmes, viendra ensuite le tour des reportages sportifs à partir des stades, retransmis jusque-là en kabyle via les ondes de l’actuelle deuxième chaîne radiophonique, ceux-ci le seront dès lors en… arabe. Plus tard, pour mieux saborder la chaîne nationale d’expression berbère, d’une façon générale, et la langue berbère elle même, on installa à la tête de la structure quelqu’un dont on est sûr qu’il agira dans ce sens parce qu’arabophone d’une part, intégriste et arabiste passionné d’autre part mais, le comble, détestant atrocement les Kabyles et la langue qui est la leur ; et celui-ci n’est autre que… Tahar Ouattar.

La basse besogne d’un tel pouvoir, faisant montre d’un acharnement contre l’amazighité, ne s’arrêtera pas là puisqu’il procédera peu après à la prohibition des noms berbères antérieurs à l’avènement de l’Islam. Enfin, le recours à des chanteurs arabophones plutôt qu’à des berbérophones lors de manifestations socioculturelles, sera perçu comme des agressions et des provocations exacerbant les tensions au point que cela ira jusqu’à engendrer des affrontements graves à Larbâa-Nath-Irathen entre citoyens et éléments de la gendarmerie nationale ; ceci se passait en 1974, lors de la fameuse Fête des cerises, où il y eut incontestablement trois morts parmi les civils… D’où, ladite manifestation, jusque-là régulière, se verra dès lors mise au rebut.

bessaoud-md-arab1-114x150Alors que l’on cherche à l’étouffer en Algérie, la revendication berbère s’affirmera au sein de l’émigration, en France, grâce à la création de l’Académie berbère, initiée par Mohand Arab Bessaoud. Ce dernier, sur conseil de Mahdjoub Aherdan, militant marocain de la cause berbère, ressuscitera et diffusera l’écriture ancestrale Tifinagh. Et cette action s’avérera le déclic qui sera à même de réactiver le mouvement de revendication berbère. La découverte et la diffusion de cette graphie multimillénaire jouera un rôle de clef puisqu’elle actionnera la marche.

Incontestablement, de 1967 à 1976, l’Académie berbère, qui recrutait particulièrement dans les milieux ouvriers d’outre-mer, s’avérera être le meilleur foyer de cristallisation de la dynamique amazighe et ce aussi bien en France qu’en Algérie. Son action suscitera au sein de la jeunesse algérienne une prise de conscience identitaire aiguë.

La suppression, par le pouvoir en place, de la chaire de langue berbère au sein de la Faculté centrale, déplacera vers la rue l’affirmation linguistique et culturelle relative à cette institution.

En parallèle, et pour la première fois dans l’histoire du mouvement qui se déclare mener une lutte implacable en faveur de l’identité et de la linguistique berbères, des militants exacerbés, parmi lesquels figure Mohand Ousmaïl Medjeber, passeront, en janvier 1976, à l’action… violente. Ce sera, par conséquent, cette fameuse affaire dite des « poseurs de bombes« .                                                                                                                                                                                                 

Ceux-ci inaugureront la toute fraîche Cour de sûreté de l’Etat et se verront condamnés à de lourdes peines.

Quant à un autre groupe de militants, ce collectif passera devant un tribunal militaire et écopera de dix à quinze années de prison ferme, selon ce qui est reproché à chacun des membres le composant.

Le 19 juin 1977, à Alger, à l’occasion d’un match de football comptant pour la coupe d’Algérie, opposant la JET (c’est donc là l’ex JSK qui devient Jeunesse électronique de Tizi-Ouzou et ce pour des raisons politiques et politiciennes) au NAHD, dont le trophée sera remporté par le club kabyle, les supporters brandiront des banderoles écrites en tamazight et scanderont des slogans, les uns hostiles au pouvoir en place et les autres glorifiant la langue ancestrale algérienne. En voici quelques-uns : « JS n imazighen« , « La langue amazighe vivra« , « L’Algérie n’est pas arabe« , « À bas le sectarisme !« , etc…

boumediene-sur-fauteuil-dore1-150x112Le président en exercice, Houari Boumediene en l’occurrence, voyant le mouvement amazigh reprendre du souffle après la terrible répression dont il a fait l’objet, enverra expressément des émissaires auprès de ces connus sous le vocable de « poseurs de bombes » pour l’entame de tractations secrètes. Il ira jusqu’à leur proposer « la liberté immédiate » s’ils acceptent d’intervenir efficacement pour endiguer la remontée de la revendication berbère. Lesdits condamnés à la « peine capitale » refuseront de marcher ; ils préféreront passer à la guillotine et, dans un tel cas de figure, être décapités, plutôt que d’être à l’origine de la brisure du mouvement. Conséquemment au refus desdits « condamnés à mort » de jouer le jeu du pouvoir, la revendication venant de reprendre du souffle s’amplifiera et ira crescendo.

chadli-bendjedidSous le règne de Chadli Bendjedid, venant fraîchement d’être le nouveau locataire du palais d’El-Mouradia, l’interdiction d’une conférence sur le thème « Poésie kabyle ancienne« , que devait donner Mouloud Mammeri à l’université Hasnaoua de Tizi-Ouzou, au mois de mars 1980, sera inévitablement la goutte qui fera déborder le vase voire la mèche enflammée qui mettra le feu aux poudres.

Cet énième dérapage, inscrit en gras dans l’histoire inhérente à la question identitaire, représentera le second « Printemps berbère« , muri par tant d’expériences et de souffrances. Conséquemment à cela, la communauté estudiantine sortira maintes fois dans la rue pour sillonner les artères de la ville des Genêts, scandant à tue-tête des slogans hostiles au pouvoir. Ce dernier, comme à son accoutumée, usera de la force au lieu d’apaiser les esprits et d’instaurer un dialogue serein. Aussi, pendant plusieurs semaines de suite, le Col-des-Genêts se verra bondé de CRS de même que de gendarmes et de… militaires. La capitale du Djurdjura sera, par conséquent, bouclée de part et d’autre ! Ladite occupation des lieux par ces corps constitués touchera jusqu’aux confins de cette ville pour ne citer que Oued-Aïssi, un faubourg situé à une dizaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya. 

prison-150x108Précisons, dans ce contexte, que la cité universitaire que compte ce site sera violée bien tard dans la nuit par les CRS qui, munis de chiens dressés, ne reculeront devant rien pour franchir les seuils des chambres et agresser les étudiants dans leur sommeil même.

Beaucoup d’arrestations se feront parmi les étudiants et autres militants de la cause berbère. Tout ce beau monde n’échappera guère aux lassants et interminables interrogatoires de la police et beaucoup seront incarcérés dans ces mêmes geôles de ces prisons tristement célèbres, édifiées et utilisées par la France coloniale pour interner, torturer voire abattre froidement des autochtones ne faisant que revendiquer leur indépendance pour vivre libres dans ce pays, l’Algérie, qui est leur propriété à part entière.

Avec Liamine Zeroual, à la magistrature suprême, les choses ne connaitront guère une amélioration sensible eu égard à cette question de l’identité mais jouiront quand même d’un certain « plus » lequel est incontestablement à mettre à l’actif de ces populations kabyles, seules et uniques à lutter pour une cause pourtant nationale et par conséquent commune alors que quand il s’agit de droits arrachés au prix de moult sacrifices, beaucoup de ceux demeurés à… l’ombre, d’où tout à fait indifférents pendant les moments de lutte, en tirent… profit au même titre que ceux ayant affronté les bombes lacrymogène et, parfois même, les balles réelles d’armes de guerre.

Donc, après quelque sept longs mois de grève du cartable, le pouvoir en place maintiendra sa position de refus quant à la satisfaction de ce que revendique une partie du peuple algérien. Revendication qui n’est autre que la reconnaissance officielle de sa langue ancestrale.

Nonobstant les climats de tension et de terreur, provoqués par le pouvoir, le MCB (Mouvement culturel berbère) usera de moyens pacifiques dans l’objectif de demeurer fidèle à ses moyens de lutte.

Après la fameuse commission officielle dite « Sifi » et le « Comité des sages« , qui se déplaceront à Tizi-Ouzou pour rencontrer le MCB, les manœuvres contre l’amazighité connaîtront, de nouveau, un accroissement.

Contre toutes ces manœuvres dont se sert le pouvoir pour intimider les acteurs du mouvement, les syndicats des enseignants, les parents d’élèves et le MCB répondront par la négative au chantage et décideront de maintenir le boycott jusqu’à satisfaction pleine et entière de ce qu’ils revendiquent.

À l’issue de la rencontre du 22 avril 1995, entre une délégation composée de membres du MCB et du SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation) d’un côté et, de l’autre, une commission dépêchée par la présidence de la République, un accord sera signé conjointement par les deux parties.

Le lendemain, 23 avril, le MCB appellera les élèves à reprendre les cours à la date du 29 avril.Le 28 avril, Liamine Zeroual, en sa qualité de président de la République, signera le décret relatif à la création du HCA (Haut Commissariat à l’Amazighité) avant de procéder, le 7 juin de la même année, à l’installation officielle de ladite institution.

Quatre jours plus tard, le 11 juin bien exactement, le HCA tiendra sa première réunion, rencontre au cours de laquelle l’assemblée élira son président (en la personne de Mohand Ou-Idir AÏt-Amrane) et arrêtera son programme d’action.

La concrétisation dudit programme verra déjà, à la rentrée de septembre 1995, l’introduction de la langue berbère dans le système éducatif. Cette opération sera lancée à titre expérimental et, par conséquent, des classes pilotes seront ouvertes à travers seize wilayas.

La déduction pouvant être faite de la campagne, menée tambour battant à l’époque, c’est qu’en dix-huit longues années d’enseignement, la langue berbère demeure toujours et encore au stade d’essai en laboratoire. Incontestablement, c’est de l’inconcevable et du jamais vu sur la planète Terre.

benbouzid-150x150Entre autres aspects de ce qui vient d’être dit, évoquons cette histoire de graphie, réitérée par le premier responsable du secteur. Celui-ci clamera haut et fort, à l’occasion de la clôture de la conférence des directeurs de l’Education, laquelle s’est déroulée les 27 et 28 août 2006, à Ben-Aknoun : « Nous ne sommes pas encore arrivés au stade de généraliser la langue amazighe sur le territoire national car même les parties qui sont chargées du dossier ad hoc ne sont pas encore parvenues à un consensus autour de sa transcription. Va-t-on user des caractères latins, des caractères arabes ou du tifinagh ? » Sans commentaire ! Il y a également ces députés (pas tous fort heureusement mais quand même la quasi-totalité) pour qui tamazight n’est qu’une arête en travers de la gorge et qui font, par conséquent, tout ce qui est en leur pouvoir pour contrecarrer sa vulgarisation et mettre les bâtons dans les roues quant à ce qui touche à son enseignement et surtout sa généralisation à travers le territoire national.

Ce qui dénote alors et de façon tout à fait claire que la volonté politique de prendre sérieusement en charge cette  question… n’y est sans conteste point. Parmi tant d’autres preuves rassemblées sur le sujet et malgré que toutes sont dignes d’intérêt, faisons quand même passer celle-ci en priorité : sur les seize (16) wilayas sélectionnées en 1995 pour qu’elles soient régions pilotes, plus que… douze (12) subsistent encore à la fin de l’année scolaire 2008-2009 avec quelque 566.000 élèves qui suivent régulièrement ces cours de langue ancestrale dont la forte concentration se situe dans les régions kabylophones telles que Bejaïa et Tizi-Ouzou en comptant aussi, de façon tout à fait partielle, Bouira et Boumerdes ; ces wilayas totalisent à quatre quelque 550.000 ! En nous inspirant de tels chiffres, que l’on peut prendre comme hypothèse, il nous est loisible d’estimer que chacune des huit wilayas restantes compte quelque 2.000 élèves avec 60 en moyenne par commune. Alors que pour les régions kabylophones, c’est 184.000 en moyenne pour chacune des deux wilayas que sont Bejaia et Tizi-Ouzou et le même nombre pour Bouira et Boumerdes jumelées. Ce qui revient à dire que pour la région du Djurdjura et la vallée de la Soummam la moyenne par commune peut être de 3.680 tandis que concernant Bouira et Boumerdes, cela pourrait être la moitié, donc quelque chose comme 1.840, en prenant en compte ces contrées arabophones qui ne seraient certainement pas intéressées par cette matière qu’est tamazight étant donné que le département placé sous la coupe de Benbouzid… la laisse facultative.

youcef-merahi-150x103Le secrétaire général du HCA, en la personne de M. Merahi Youef, dans son intervention à l’occasion du 29e anniversaire du Printemps berbère, coïncidant avec le 8e anniversaire du Printemps noir, n’hésitera guère d’endosser la responsabilité d’un tel échec au ministre de l’Education nationale qu’il incriminera d’avoir « sciemment » laissé pourrir les choses en ayant fait fi des accords passés en 1995 et du décret présidentiel venu peu après sans compter le fait que tamazight ait accédé en 2002 au statut de langue nationale et consignée comme telle dans la loi fondamentale du pays. Donc, pour le numéro UN du département de l’Education, il faut à tout prix mettre les bâtons dans les roues pour ralentir la promotion de cette langue ; et, pour atteindre un tel objectif, tous les moyens sont bons y compris celui consistant à retarder autant que possible sa généralisation.

Sur un autre plan, toujours dans le cadre de la promotion des langue et culture amazighes, le secteur de l’audiovisuel verra, pour sa part, l’introduction d’une édition complète d’informations à la télévision étatique. Quant aux deux heures quotidiennes de programmes variés, promis par l’ENTV (Entreprise nationale de la télévision) au HCA qui en a formulé la demande, l’institution dirigée par Hamraoui Habib Chawki (HHC, dans le jargon journalistique) à l’époque, prétextera quelque temps plus tard, en guise de réponse, l’absence de producteurs. Là aussi, le but recherché n’est autre que celui de contrecarrer non pas seulement la promotion de tamazight mais son existence même.

Par ailleurs un certain nombre de films cinématographiques seront tournés en langue berbère dans leur version originale mais, ce qui est à déplorer, cependant, c’est qu’à l’exception de Machahou et de La montagne de Baya, coproduits par Abdou Benziane (dit Abdou B.), ancien directeur général de l’ENTV, de telles productions ne passeront plus jamais sur la chaîne câblée de la Télévision… algérienne après le limogeage de cet homme de métier par Sid Ahmed Ghozali qui succéda à Mouloud Hamrouche à la tête du gouvernement. 

boutef-en-tenue-privee1-150x119L’ère Bouteflika, qui débuta à la fin du mois d’avril 1999, laissa entrevoir, dès l’entrée sur scène de l’ex-candidat du « consensus« , l’énième obstacle se préparant en catimini pour la question identitaire. Ceci deviendra apparent au cours de la visite qu’effectuera à Tizi-Ouzou le président de tous les Algériens, dans le cadre de sa campagne sur la concorde civile via le discours qu’il prononcera dans la ville des Genêts. D’emblée, il dira à son auditoire kabyle : « De loin, on vous voit géants mais dès qu’on se rapproche de vous on constate que vous n’êtes que des nains ! » Il poursuivra : « Je suis venu crever votre ballon de baudruche ! » avant d’ajouter encore, sur un ton similaire et provocateur : « Même si tamazight devait devenir langue nationale, elle ne sera jamais officielle !« , comme si l’orateur se considérait président à vie voire éternel sur terre et sur le trône pour qu’il se permette un tel langage affirmatif ; tout comme il est possible aussi, qu’en plus de sa haine manifestée sans retenue aucune, il ait voulu faire plaisir, par la même occasion, à ces apparatchiks ayant horreur de la Kabylie et détestant les Kabyles.

Ces propos outrageants, avalés tant bien que mal par les habitants de la contrée, les Kabyles subiront de nouvelles provocations… à la veille même du 21e anniversaire du Printemps berbère, comme si cela était prémédité : d’abord par l’humiliation du lycéen Guermah Massinissa dans la brigade de gendarmerie de Beni-Douala et les balles d’arme de guerre qui causèrent sa mort, ce d’une part ; de l’autre, l’humiliation des collégiens d’Amizour et de leur professeur d’EPS par ce même corps affilié à l’Armée nationale populaire ; ça ne s’arrêtera pas là à l’encontre de ces pauvres populations de Kabylie puisque l’humiliation émanera cette fois-ci d’officiels censés être les supérieurs hiérarchiques de ce corps de sécurité : ces derniers ne se garderont par conséquent pas de déverser leur venin sur les Kabyles.

guermah-massinissa-21-150x96À la suite de tels abus, les tensions s’exacerberont au fil des jours voire des heures et des émeutes éclateront au fur et à mesure dans diverses localités de cette Kabylie quelque peu distincte des autres régions du pays au regard de son aptitude à se faire gouverner par elle-même avec ses tajmaât et lâarch, pour ne citer que ces deux organisations territoriales lesquelles étaient en vigueur dans le passé et ont pu fournir des preuves formelles sur cette capacité des Kabyles en matière d’initiatives et de compétences.

Ce sera alors l’occasion tant attendue par un pouvoir méprisant pour réprimer et mater cette région qu’il abhorre au plus haut degré. Le bilan sera lourd… très lourd même : presque treize dizaines de morts et six milliers de blessés parmi les manifestants dont des cas extrêmement graves pour la plupart des victimes de cette campagne orchestrée en haut lieu, montrant de façon tout à fait nette cet acharnement manifeste sur les Kabyles. Un printemps « macabre » ou, comme appelé par les citoyens occupant ce territoire gardant encore, et d’une manière défiant l’ensemble des autres régions du pays, langue et culture ancestrales, un « printemps noir » !!!

Non satisfait par une telle tragédie dont il est l’auteur à part entière, le même pouvoir, par le truchement de sa police et de sa milice algéroise (ces baltaguia qu’il recrute temporairement et qu’il paie à un prix fort avec l’argent du contribuable et les recettes provenant du pétrole), réprimera sauvagement la marche historique du 14 juin 2001, qui a vu quelque trois millions de personnes gagner simultanément la capitale.

Apportons cette précision de taille qu’au massacre physique et…  officiel auquel eurent droit les Kabyles ayant fait le déplacement sur Alger, l’ENTV, donc l’Unique, fidèle à elle-même et ce par le biais de son chef suprême, Hamraoui Habib Chawki (HHC), ne dérogea point à la règle et, pour dénigrer la Kabylie et ces Kabyles honnis, ne trouva pas mieux que de hhc-21-115x150faire un montage audiovisuel, qualifiable de diabolique, qu’elle montra, sous forme de scoop, à son journal de 20 heures et ce certes en guise de… flagornerie au maître.  

Honte à HHC ainsi qu’à tous ceux, des lèche-bottes de sa trempe, complices de tels bobards et de telles absurdités pour porter atteinte à la dignité des Kabyles, faisant d’eux, sans retenue aucune, des mercenaires, des casseurs, des pilleurs… et, de surcroît, maltraités par cette institution pourtant de service public et donc, sans conteste, pas la propriété privée de M. Untel ou de Mme Unetelle mais assurément la propriété du… peuple algérien !

Quant au pouvoir, pour revenir à lui, sourd à tous les appels émanant du camp démocratique et républicain, continua sur sa lancée jusqu’à la veille du 22e anniversaire du Printemps berbère où, échéance électorale oblige, il lâcha un peu de lest à travers le discours présidentiel du 12 mars 2002 en faisant part de son accord quant à la mise en pratique des revendications contenues dans la plate-forme d’El-Kseur.

Le premier pas, dans ce contexte, sera la convocation des deux chambres du parlement (Assemblée nationale populaire et Sénat) par le premier magistrat du pays en cette année 2002 pour procéder au vote devant consacrer tamazight langue nationale.

Viendra ensuite un « simulacre » de dialogue avec les âarch, sous la coupe d’Ali Benflis alors chef du gouvernement. Simulacre parce qu’au lieu d’inviter des interlocuteurs dignes de représenter le mouvement citoyen « combattant« , on fit appel aux âarch Taïwan, n’ayant, à vrai dire, aucun lien  avec le soulèvement populaire de la Kabylie.

Avec l’avènement d’Ahmed Ouyahia à la tête de l’exécutif, il y eut seconde tentative de pourparlers et ce, certes, à l’approche d’échéances électorales comme de coutume. Cette fois-ci, on tira la leçon de l’échec enregistré lors du premier round des négociations en ayant fait appel à de faux représentants du mouvement citoyen d’où, on rectifia le tir et on invita les véritables délégués, bien entendu ceux dont les noms ont beaucoup circulé lors de l’insurrection et, sans conteste, plus connus à travers monts et collines de la Kabylie tout entière voire au-delà de ce même territoire.

ouyahia-et-belkhadem1-150x111Plusieurs séances consécutives furent tenues à l’effet d’étudier conjointement les voies et moyens à mettre en œuvre pour la concrétisation des divers points que comporte la plate-forme d’El-kseur et tout avait l’air de baigner dans l’huile avec espoir d’éclaircie à l’horizon lorsque, soudain, tout bascula, hélas, avec cette irruption d’Abdelaziz Belkhadem, succédant à Ouyahia, puisque le nouveau locataire du Palais du gouvernement ne trouva pas mieux que de mettre fin au dialogue initié et entamé par son prédécesseur avant de franchir ce pas ignomineux (cela ne doit étonner personne car en Belkhadem, on voit d’une part un islamiste et un intégriste et de l’autre un ennemi juré de tamazight) qui ne sera rien d’autre que la fermeture pure et simple du dossier.                                                                                             

Sur un autre plan, n’omettons pas d’ajouter que Yennayer, premier jour de l’an berbère, n’est toujours pas reconnu officiellement au même titre que le 1er Janvier et Awel Mouharem, malgré inscrit parmi les revendications des âarch.

Quant à la chaîne TV en tamazight, il y a lieu de préciser eu égard à ce point précis, que c’est depuis 2004 qu’on claironnait son lancement mais, en pratique, rien n’est venu crever les yeux ni les tympans non plus. Enfin, voilà que le rêve est devenu réalité à la veille des présidentielles de 2009. Avec ces rumeurs incessantes de boycott, notamment en Kabylie, cette région frondeuse et rebelle, on procéda officiellement à l’ouverture de ladite chaîne et ce en ce 19 mars, une date doublement historique puisque anniversaire du cessez-le-feu d’abord et ensuite… naissance de cette même chaîne TV tant espérée et attendue après que le projet eut fait le parcours du combattant et donc connu mille et une péripéties avant de voir le jour finalement d’où, et sans aucun doute, l’accouchement ne se fit certainement pas sans une douleur atroce.                                                                                                                                                                                

Mais, tout compte fait, le pouvoir, fidèle à lui-même, n’offrit aux Imazighen qu’un cadeau « empoisonné » puisqu’il prit le soin de ne faire de la TV4 que quelque chose de creux, seulement une coquille vide ; pour atteindre cet objectif malsain, il sigle-chaine-tv42-150x135plaça à la tête de ladite institution un élément fidèle à sa politique « dévastatrice », Saïd Lamrani pour davantage de précision, personnage qui n’a d’ailleurs aucunement failli à la mission qu’on lui a confiée puisqu’il a joué convenablement le rôle dont on l’a chargé, en faisant de la TV4, pourtant un pur produit de longues luttes acharnées, un  »bien personnel » et, par conséquent, n’a eu de cesse que porter atteinte à la chaîne avec un comportement sans conteste indigne de celui devant être affiché par un chef suprême d’une structure aussi importante ; outre ses « abus d’autorité », ses « passe-droits », son « obsession » et ses « obscénités » (malgré son âge nettement avancé : un bonhomme devant en principe être mis à la retraite depuis plus d’une décennie déjà), en allergique à tout ce qui est amazigh, notamment eu égard à ce qui touche à la promotion des langue et culture berbères, il n’a ménagé aucune occasion, infime soit-elle, et aucun effort non plus, pour réussir la prouesse de faire de la TV4 un média symbolique en tout et pour tout ; aussi, il a mis en œuvre tout son savoir-faire en matière de sabordage et de dénigrement pour que la chaîne chefif-kheddam-sur-pochette-disquetélévisuelle amazighe ne remplisse en aucune manière la mission devant être la sienne ; et, entre autres « gros » dérapages de sa part, pendant que chaînes radiophoniques et télévisuelles nationales faisaient l’annonce de la disparition du maestro Cherif Kheddam et lui rendaient hommage en faisant la rétrospective de son itinéraire artistique et en diffusant ses chansons, la TV4 avait, pendant ce temps, carrément tourné le dos à pareil évènement ; la bourde était tellement « grosse » qu’elle ne pouvait certes passer inaperçue que, avec la dénonciation faite dès le lendemain par la presse écrite indépendante et laquelle s’est rapidement propagée telle une traînée de poudre, la tutelle a certainement dû intervenir pour que le tir soit immédiatement rectifié. En termes on ne peut plus clairs, c’est dans pareille besogne qu’excelle cet homme de troisième âge, un ancien journaliste à la chaîne II de la Radio nationale. C’est vraiment honteux de sa part de même qu’avilissant aussi et ce non pas seulement pour sa personne mais également pour l’ensemble des siens ; enfin, triste et humiliant pour les Kabyles par ce fait que ce soit un des leurs qui cause préjudice à leur langue ancestrale et ternit sciemment leur culture.

Pour conclure, disons que la question identitaire, ce problème crucial, n’a incontestablement pas connu d’avancée considérable malgré les quelques points positifs enregistrés depuis la grève du cartable, observée quasiment tout au long de l’année scolaire 1994-95.

———-=====oOo=====———-

4 avril, 2013 à 12:42


Laisser un commentaire