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ATH-FRAOUSSEN / Cet énième site panoramique de la Kabylie du Djurdjura

Dans son Histoire des Berbères, Ibn-Khaldoun, évoquant les Zouaoua qui, dit-il « habitent au milieu de précipices formés par des montagnes tellement élevées que la vue en est éblouie et tellement boisées qu’un voyageur ne saurait trouver son chemin.« , fait allusion aux deux tribus limitrophes que sont Ath-Fraoussen et Ath-Yirathen. Dans un autre volet de son ouvrage, il désigne distinctement sa cible et décrit l’endroit comme ceci : « Les Beni-Fraoussen occupent une montagne des plus difficiles à aborder et des plus faciles à défendre.                          

À ce flash d’Ibn-Khaldoun, greffons ce détail qui est que le site géographique d’Ath-Fraoussen est sis en bordure du Sébaou, sur les premiers contreforts du Djurdjura.

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La ville de Mekla, en 1889, à l’état embryonnaire

Ajoutons que ce territoire représente, à vrai dire, la commune de Mekla après le découpage administratif opéré au milieu de la décennie 1980.

Quant à l’origine de cette appellation qu’est « Mekla », ceci découlerait du premier débarqué sur le site et qui ne serait qu’un certain « MEKLA ». Ce dernier aurait accaparé des parcelles pour s’installer et assurer l’installation de ses semblables.

Ledit périmètre, acquis certes de façon « illégale », serait appelé alors « Terres de Mekla » avant que ce vocable ne devienne « Mekla » tout court. Dans ce contexte, il y a tout lieu de mettre en évidence ce fait que Mekla (patelin) fut une agglomération peuplée de colons européens en général et français en particulier. Selon une source bien imprégnée de la chose, ces colons seraient affectés, au fur et à mesure, à partir de Dellys (port de faible envergure et aire d’accueil des colons à envoyer de part et d’autre), site qui, d’après la même source, aurait été un poste de commandement chargé de gérer les affaires propres à une portion du nord du pays. 

La tribu d’Ath-Fraoussen, donc Mekla, est située à 27 kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. C’est un territoire d’une superficie de 64 km2, limité par Freha au nord, Azazga, Souama et Aït-Khellili à l’est, Aït-Yahia au sud et, enfin, Aït-Agouacha, Aït-Oumalou et Tizi-Rached à l’ouest. 

Cette même tribu qui, comme bien dit plus haut, forme la commune de Mekla, compte vingt-trois villages en son sein. Des hameaux existent également  ici et là sur le territoire. Le dernier recensement, donc celui opéré au milieu du premier semestre de l’année 2008, lui donne une population de 24.830 habitants (contre 25.478 en 1998, soit un écart de 648, en régression) dont 4.428 à Mekla-Centre, chef-lieu de commune, (contre 3.836 en 1998, soit un écart de 592, en progression) et 6.566 à Djemâa-Saharidj (contre 7.248 en 1998, soit un écart de 682, en régression). Précisons que Djemâa-Saharidj est le village le plus peuplé d’Ath-Fraoussen. Ajoutons à cela que même du point de vue superficie, l’étendue de l’antique Bida Municipium est nettement plus importante que celle des autres patelins de la contrée. 

La localité de Mekla, ou Ath-Fraoussen, au relief montagneux et accidenté, n’offre quasiment la possibilité pour le travail de la terre qu’à Chaouffa, une immense plaine au sud de l’oued Sébaou, qui s’étale tel un tapis vert de la frontière est à la frontière ouest de la commune. Les quelques autres terres arables se situent en contre-haut de l’oued Rabta, sur le prolongement de sa rive est.

Concernant le secteur industriel, Mekla, ou la tribu d’Ath-Fraoussen, ne compte que quelques entreprises privées dont celles de textile et autre cuir. Pour ce qui est de l’artisanat, le meuble sculpté et la vannerie fine de Djemâa-Saharidj ainsi que la grosse vannerie de quelques villages sis en contre-haut de Mesloub, constituent les principales activités du secteur pendant que le tissage de tentures et burnous s’estompe avec cette relève qui, progressivement, fait défaut.

img0042-150x100 Découverte d'un milieu /// dans SITES

Marché de Mekla, avant la Seconde Guerre mondiale

La tribu d’Ath-Fraoussen dispose de deux polycliniques, l’une à Djemâa-Saharidj, depuis 1988, succédant au dispensaire hérité des Sœurs blanches, l’autre à Mekla-Centre, depuis peu, succédant au centre de santé qui existait auparavant. Sur la périphérie, il existe deux unités de soins dont une à Taourirt-Adène et une autre à Tizi n Terga. 

Dans le secteur de l’éducation, la tribu d’Ath-Fraoussen, ou commune de Mekla, compte quinze écoles primaires dont deux à Mekla-Centre et deux à Djemâa-Saharidj et les onze autres réparties entre les vingt-et-un villages restants ; concernant le cycle moyen, quatre collèges existent dont un à Mekla-Centre, un autre à Tizi n Terga et deux à Djemâa-Saharidj ;  pour ce qui est de l’enseignement secondaire, enfin, la tribu d’Ath-Fraoussen dispose d’un technicum à Mekla-Centre et de deux lycées à Djemâa-Saharidj.

En ce qui concerne la formation professionnelle, le centre qui existait depuis le début des années 1950 (certaines sources disent que c’est peu après la Seconde Guerre mondiale), ouvert par les Pères blancs, dans l’enceinte même de la propriété qui était la leur à Djemâa-Saharidj, fut rattaché au CFPA de Oued-Aïssi (établissement situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Djemâa-Saharidj et à la moitié de ce trajet à l’est de la capitale du Djurdjura) au milieu de la décennie 1970, avec le départ de ces religieux ; il connut, enfin, l’autonomie à l’orée des années 1980. Ajoutons à cela que, de nos jours, avec les techniques nouvelles de ce monde qui avance à pas de géant, donc ces spécialités modernes qui s’imposent au secteur, la tâche devient difficile pour les gestionnaires de cet établissement qui, avec la vétusté et l’exiguïté de l’infrastructure, trouvent du mal à concrétiser certains projets qui, pourtant, s’avèrent inéluctables.

À propos des infrastructures sportives, soulignons que, sur un plan d’ensemble, seul le stade municipal, butin de la guerre pour davantage de précision, permet à la masse juvénile de se défouler puisque d’aires de jeux mieux vaut taire ces rares étendues conjoncturelles, aménagées à la hâte pour combler quelque peu un vide flagrant qui s’est déclaré en la matière ; elles ont donc été réalisées de façon bâclée et, par conséquent, n’offrant guère les commodités attendues d’où s’avérant, pour ainsi dire, inadéquates quant à ce qui touche à la pratique du sport. S’agissant du mini-complexe sportif de proximité, enfin, on a beau regarder de part et d’autre mais rien ne vient, hélas, crever les yeux.

Par ailleurs, deux maisons de jeunes existent : l’une à Mekla-Centre, construite au milieu de la décennie 1970, succédant au FAJ (Foyer d’animation de la jeunesse), puis démolie dix années plus tard pour qu’elle soit reconstruite avec une autre architecture ; elle n’a rouvert ses portes au public juvénile qu’en 1995. L’autre à Djemâa-Saharidj, construite à l’orée des années 1980 (ouverte en 1986 ; précisons qu’au départ le projet consistait en un centre culturel) à l’extrémité nord-est de ce vaste patelin et presque jetée dans l’oued puisqu’implantée à quelques dizaines de mètre à peine en contre-haut du ravin Bouhlou. Ce qui signifie amplement : éloigner au grand maximum la culture « honnie » au point de la rendre, dans le cas présent, voisine du fief de ces amphibiens que sont les grenouilles et les crapauds pour que leurs coassements délétères s’intègrent aux fabuleuses mélodies et faussent toutes ces partitions qui font rêver et offrent la joie de vivre à cette jeunesse qu’on ne cesse, malheureusement, d’écœurer voire de… déraciner.

Pour ce qui est de la culture, d’autant que le thème vient d’être abordé en partie avec l’évocation de ces maisons de jeunes, il faut mettre en exergue ici que c’est le parent pauvre dans la localité depuis bientôt cinquante ans : pas de comité communal des fêtes, ce d’une part ; pas de centre culturel ni de salle de spectacles, ce d’autre part… Pis encore : même la salle des fêtes, héritée pourtant du dernier colonisateur tout comme le stade municipal, fut offerte sur un plateau d’or à l’ex-Sn Sempac (Société nationale, chargée de l’exploitation des minoteries et de la commercialisation de produits céréaliers) dans les premières années de la décennie 1980, par le bloc « indissoluble » et « coriace« , formé du maire et du chef de la kasma du parti unique, pour que ladite entité économique transforme l’espace de divertissements en… fabrique de couscous et l’exploite, certes, à son profit et aux frais de la princesse pendant que les masses populaires que le parti-État faisait rêver de bien-être, sont carrément et sciemment privées de cet autre avantage offrant la joie de vivre. Aussi, c’est le vide criant et le silence absolu tout au long de l’année y compris le mois sacré et ce jusqu’à nos jours malheureusement ! La culture est-elle renvoyée aux calendes grecques dans cette localité, compte tenu d’un tel constat alarmant ? Il faut avouer qu’avec la situation décrite et laquelle prévaut depuis un demi-siècle, tout porte à le croire !

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Esplanade de la mairie de Mekla, avant la Seconde Guerre mondiale (les filles Alphand sur la plate-forme)

Nous disions plus haut que Mekla-Centre était une agglomération peuplée de colons européens en général et français en particulier. Conséquemment à cela, était érigée une église, un édifice implanté en plein cœur de cette petite ville coquette (qu’elle fut à l’époque) qui n’était, dans le temps, que Ldjemâa n wadda (signifiant Djemâa du bas, comparativement à Ldjemâa oufella qui veut dire Djemâa du haut et qui n’est autre que Djemâa-Saharidj) ou encore Lbiladj (découlant du mot français : village), vocable qui était d’ailleurs le plus usité dans le temps. Vers le milieu des années 1990, cet édifice religieux non musulman fut annexé à la mosquée qui lui est attenante pour ne pas dire carrément faisant mur à mur l’une et l’autre (cette mosquée fut érigée dans la deuxième moitié des années 1950, par le sénateur-maire, qui voulut qu’elle soit voisine voire étroitement liée à l’église, façon de rapprocher autant que possible les deux confessions ; comprendre par là, certes, une philosophie qui a pour sens d’harmoniser les communautés musulmane et chrétienne), après qu’il eut servi pendant quelque deux décennies d’aire de stockage de matériaux de construction et autre outillage au profit de la municipalité. Depuis, ne subsiste par conséquent nulle trace de cette église.

Comble de la bêtise ! Pourquoi ne pas avoir gardé l’édifice et s’en servir tel quel pour en faire un musée par exemple où seraient non pas seulement exposés mais surtout sauvegardés les reste de l’antique Bida Municipium ou, à tout le moins, utiliser l’espace pour en faire une bibliothèque municipale qui serait dotée de salle(s) de lecture ? On aurait pu faire deux coups d’une seule pierre : utiliser l’espace dans un cadre culturel (une particularité faisant défaut justement et… malheureusement) et gagner l’édifice dans son état initial et intégral, afin qu’il puisse jouer le rôle de vestige sur ce qui est lié à la colonisation française. Mais voilà qu’en fin de compte on se heurte hélas à cette constatation amère, exposant au grand jour ce zèle ayant pesé excessivement sur les responsables qui se sont succédés à la tête de la commune de Mekla jusqu’au 5 Octobre 1988, date historique ayant été à l’origine du multipartisme en Algérie… Excès de zèle qui fait certes que cette autorité locale prive incontestablement les générations futures d’une preuve irréfutable sur l’occupation de leur localité par des colons français.

Dans cet ordre d’idées, il faut bien mettre en évidence, justement, le fait qu’à Ath-Fraoussen il y a, ne cachons pas le soleil avec un tamis, des gens hostiles à tout ce qui a trait à l’archéologie. De l’ère coloniale française, ces super-citoyens déclarent sans vergogne, à qui veut bien leur tendre l’oreille, ne désirer voir même pas la moindre trace. Dans une conjoncture telle que celle qui se présente, le souhait le plus fort serait que l’histoire relative à la guerre d’indépendance (1954 -1962), avec sa somme de faits troublants, empreints à jamais dans la mémoire de moult modestes citoyens et de tant de malheureux mutilés, se métamorphosent juste le temps de faire subir un test à ces gens qui prétendent publiquement avoir horreur des Français ; donc, que tous ces évènements marquants, leurs séquelles, leurs stigmates… se transforment en de l’énergie électrique et aillent se décharger sur ces énergumènes pour que l’on dévoile si vraiment ce qu’ils avancent est fondé. Sursauteraient-ils lorsqu’ils seraient foudroyés par toute cette charge de douleurs régulières qu’endurent leurs concitoyens sérieusement touchés intérieurement de même que meurtris dans leur chair ? À coup sûr c’est non car ils ne font que jouer la comédie ! Usant d’une manière astucieuse, de subterfuge, pour faire soi-disant montre de haine envers la France alors que réellement il n’en est absolument rien puisque, dans les coulisses, ils ne ménagent pas une seule occasion, infime soit-elle, ni aucun effort non plus, pour qu’ils soutirent le moindre avantage de cet ancien colonisateur qu’ils font semblant de mépriser, quitte à ce qu’ils lui fassent la flagornerie jour après jour puisque l’essentiel pour eux étant qu’il leur tende la main et leur accorde la possibilité de fouler son sol afin qu’ils y vivent côte-à-côte, en bon voisinage et dans un climat d’entente ne présentant même pas l’ombre d’une faille.

Après ce gâchis qui en est un où, hormis les mis en cause et des complices hypothétiques, nul n’est susceptible de contester une réalité aussi flagrante, il ne reste alors que d’espérer voire souhaiter qu’après ladite église évaporée en peu de temps, un projet né dans le bureau d’études desdits comédiens et lequel ne suscite qu’un vif sentiment de dégoût, a vu sa concrétisation avoir lieu grâce au bon vouloir et à la décision irrévocable que ces mêmes acteurs loufoques, engendrant ainsi et inévitablement un manque à gagner sur trois plans au moins, les guérites implantées aux deux angles opposés de l’ex-SAS, à Mekla-Centre, de même que le cimetière chrétien, ne connaissant point le même sort macabre.

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14 avril, 2013 à 3:37


2 Commentaires pour “ATH-FRAOUSSEN / Cet énième site panoramique de la Kabylie du Djurdjura”


  1. BOUHABIB écrit:

    Adresse de transmission d’informations.
    farid0810@hotmail.fr
    Slts

  2. BOUHABIB écrit:

    Merci pour ces informations et merci d’avance à tout ceux qui peuvent me renseigner sur cette partie de la Kabylie (Ait-Fraoussen).
    L’implantation des villages etc..

    Amicalement.Azul


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