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DJEMÂA-SAHARIDJ / Ces Izegrouren ayant rejoint Si M’hand Oulkadi dans l’antique Bida Municipium

DJEMÂA-SAHARIDJ / Ces Izegrouren ayant rejoint Si M'hand Oulkadi dans l'antique Bida Municipium dans HISTOIRE kalaa-des-beni-abbes-vue-generale-150x112À l’époque où les Izegrouren foulèrent le sol kabyle, Ils étaient une ethnie. Ils entrèrent dans la région d’Ath-Abbas (Kalâa des Beni Abbas, dépendant administrativement de la commune d’Ighil-Ali ces derniers temps, dans la wilaya de Bejaia) et furent surpris par l’hospitalité qu’on leur accorda. L’un des habitants, nanti, leur offrit jusqu’au refuge.

Les jours s’écoulaient et, au fur et à mesure, il découvraient la façon de vivre des gens de ce bled.

Un soir, celui qui les hébergeait s’adressa à eux et leur tint ce langage : « J’ai remarqué que vous êtes des gens bien, instruits et intelligents, faites de sorte à éliminer de nos coutumes cet us consistant à nouer autour de notre taille le bout de la corde à laquelle on attache le bœuf peu avant de l’abattre !… » Il ajouta tout de suite après : « Demain ça sera mon tour. Si vous parvenez à m’éviter ce cauchemar, je ferais de sorte à ce qu’on vous offre des terres pour que vous puissiez vous installer définitivement chez nous« .

Ils acceptèrent la proposition… Et, le lendemain matin, accompagnés de celui qui leur avait offert un toit, ils se rendirent sur le lieu servant d’abattoir.

kalaa-des-beni-abbes-patelin-150x112 Vue sur la passé /// dans HISTOIREAu moment où on appela leur protégé pour qu’il exécute le rite en vigueur au sein de la communauté, les Izegrouren s’opposèrent intelligemment à l’assemblée des sages et montrèrent aux gens qui la composent que le bout de la corde, au lieu d’aller autour de la taille d’un habitant de la contrée, pouvait bien être noué au tronc d’un arbre ; ce que, d’ailleurs, exécutèrent les hôtes sous les yeux écarquillés des Ath-Abbas, ébahis par cette méthode jamais venue à leur esprit auparavant… Une méthode qu’ils considérèrent nettement plus souple et plus efficace et ne pouvant guère être une corvée pour eux. Ce qui les contraignit, en conséquence, de la mettre illico presto en application.                                                                                                                                                                     

Celui qu’ils sauvèrent de l’acte cauchemardesque tint à sa promesse et s’adressa dans ces termes à ses concitoyens : « Offrons les moyens à ces gens pour qu’ils s’installent définitivement chez nous ! » Comme si on attendait justement l’occasion opportune pour faire une proposition de ce genre à ceux qui, jusque-là, n’étaient vus que comme des étrangers à la communauté, la réponse positive fusa de la bouche de qui de droit. On les exhorta alors à ce qu’ils s’établissent de façon solide pour qu’ils fassent désormais partie des leurs.

Les Izegrouren vécurent là quelques temps avant que certains d’entre eux (voir l’annexe 1 en bas de page) ne décident de décamper pour se rendre sur un site nouveau et ce sans pour autant connaitre, sur-le-champ, la destination qui serait la leur.

vue-de-la-vallee-du-sebaou-150x112Sitôt dit et sitôt fait… Leur périple s’acheva lorsqu’ils atteignirent le Sébaou, dans les entrailles du Djurdjura, précisément ce coin qui s’appellera plus tard : Djemâa-Saharidj.

C’était une région inhabitée, boisée par endroits. Ils trouvèrent là Si M’hand Oulkadi (voir l’annexe 2 en bas de page). Après qu’ils se soient présentés devant la porte de son domicile et qu’ils aient appelé, un jeune homme en sortit… C’est le fils du maître de ces lieux déserts. Ils dit à ces visiteurs : « Soyez les bienvenus dans ce coin ! Que désirez-vous ? » Les hôtes répondirent : « Pouvez-vous nous offrir un toit pour la nuit ? » Le jeune Oulkadi alla vite en informer son père et ce dernier ne trouva pas d’obstacle à les héberger jusqu’au lendemain matin.

Les Izegrouren entrèrent. On leur accorda un accueil si chaleureux à tel point que même pour le souper on leur prépara un festin.

Au cours de la veillée, le propriétaire de la maison s’approcha de ses hôtes pour les connaitre de prés. Ayant découvert qu’ils étaient dignes de confiance, il n’hésita donc pas un instant de plus pour s’extérioriser… Cet homme en avait un bien grand besoin avec ce cœur gros qui est le sien depuis la perte d’un de ses fils dans un corps-à-corps avec une tribu ennemie. Il les informa, par conséquent, de son différend avec les Ifnaïen (une tribu de la région de Bejaia) et des accrochages qui s’ensuivirent où, hélas, son angelot y laissa la vie.

Les Izgrouren prirent la parole pour lui répondre ceci : « Nous comprenons tout à fait ton chagrin et sommes très touchés eu égard à la perte de ton fils… Nous partageons entièrement ta peine« . Après un laps de temps, ils poursuivirent : « Nous savons rendre service à qui nous accueille et nous considère ! » Ils lui racontèrent alors comment ils entrèrent chez les Ath-Abbas, ce qu’ils réalisèrent là-bas et comment ces gens reconnurent les bienfaits qui furent les leurs. Pour soulager cet homme meurtri depuis fort longtemps et paraissant n’attendre que du secours providentiel, ils ajoutèrent à son adresse :  » Nous nous chargerons dès demain de ces Ifnaïen ! Donne-nous seulement qui va nous servir d’éclaireur !« 

Le maître des lieux n’en revenait guère… Frappé de stupeur, il resta bouche bée un instant avant de reprendre conscience. Ne voulant pas du tout rater une telle occasion inouïe, qui ne pourrait sans doute plus jamais s’offrir à lui à l’avenir, il prit donc immédiatement au mot ces visiteurs inattendus et s’engagea sans lésiner en s’exclamant de la sorte : « Si vous faites ceci pour moi, toutes les terres allant du Sébaou jusqu’à Ighil (voir l’annexe 3 en bas de page) seront vos propriétés !« 

vue-sur-bejaia-150x112Il mit un accompagnateur à leur disposition, comme convenu. Une fois chez les Ifnaïen, les Izegrouren explorèrent les lieux et firent des investigations d’où ils surent qu’une noce était prévue pour avoir lieu une semaine plus tard dans le palais de ce souverain en désaccord avec Si M’hand Oulkadi. Et, ils firent immédiatement après demi-tour pour attendre le jour de la fiesta. Il est évident que pendant le laps de temps que dura l’attente, ils furent toujours pris en charge par Si M’hand Oulkadi.

Le moment propice, ils regagnèrent cette contrée de la région de Bejaia et se tinrent à l’écart pour ne provoquer aucun soupçon eu égard au projet qui est le leur. Ils attendirent sournoisement l’apparition du fiancé. Dès que celui-ci emprunta l’allée où ils étaient postés, ils lui tirèrent dessus et le tuèrent sur-le-champ. Et, de réflexe ils ne manquèrent point… Faisant semblant d’accourir lui porter secours, la faveur de la nuit aidant, ils lui ôtèrent à la hâte un vêtement imbibé de sang avant de regagner aussitôt leurs montures et s’élancer droit devant eux.

À l’approche de la résidence de Si M’hand Oulkadi, ils firent parler la poudre pour alerter le maître des lieux du succès de leur mission.

Arrivés devant lui, ils lui annoncèrent la nouvelle et prirent le soin de lui brandir l’effet vestimentaire pour le convaincre du bien fondé de la chose.

Mis devant le fait accompli, Si M’hand Oulkadi n’eut pas d’autre choix que celui de tenir à l’engagement donné. Il s’adressa, par conséquent, à eux en ces termes : « Dès à présent, toutes les terres que je vous ai promises sont à vous ! » Allant même plus loin, il prit pour gendre l’un des membres du groupe.

vallee-du-sebaou-21-150x82Les fils de Si M’hand Oulkadi (voir l’annexe 4 en bas de page) ne furent que comblés sur le coup avant qu’ils ne trouvent à redire par la suite. Aussi, s’adressant à leur père, ils lui tinrent ce langage diabolique : « Tu les as trop gâtés en leur ayant offert beaucoup plus qu’il n’en fallait !« 

En érudit, voyant déjà ce qui en serait à l’avenir, il rétorqua doctement à sa progéniture : « Ces gens ont bravé l’ennemi et c’est au risque de leurs vies qu’ils ont vengé votre frère ! Pour une telle action périlleuse et pour notre dignité enfin lavée de sa souillure, ils méritent même nettement plus que ce qu’ils ont obtenu à titre de récompense ! D’ailleurs, soyez convaincus qu’arrivera le jour où vous-mêmes, sinon votre descendance, vous apercevrez que j’ai agi comme il se devait ! »

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A  N  N  E  X  E  S

Dans ce groupe ayant quitté Ath-Abbas pour se rendre sur le site occupé par Si M’hand Oulkadi, dans la vallée du Sébaou, on retrouve : Ali, Sadek, Boumedien, Tahar, Sâïd, Amar, L’hocine, Ahmed, Belkacem et L’hadi. Partant de là et avec les dix foyers qu’ils formeront en tant que mâles, le patronyme Izegrouren deviendra désormais ancestral puisque chacun des dix membres donnera à sa descendance son propre prénom comme nouveau patronyme, considéré certes comme sous-patronyme à celui initial. Nous aurons ainsi :

       Pour la descendance d’Ali, le nouveau patronyme sera dorénavant : Ath-Ali / Sadek : Ath-Sadek / Boumedien : Ath-Boumedien / Tahar : Ath-Tahar / Sâïd : Ath-Sâïd / Amar : Ath-Amar / L’hocine : Ath-L’hocine (pour précision, eux continueront de se faire appeler publiquement par le patronyme d’origine d’où, pour les générations venues par la suite, aussi bien chez les Ath-L’hocine qu’en dehors du cercle intime, elles considèrent que seule cette famille forme les Izegrouren et, d’ailleurs, avec l’avènement de l’état civil, la déclaration se fera conformément à cette confusion qui en est une) / Ahmed : Ath-Ahmed (qui deviendra plus tard Ihewachen et ce par simple imitation d’un nom de notable turc ayant vécu dans la vallée de la Soummam, à Bejaia, durant l’occupation ottomane) / Belkacem : Ath-Belkacem / L’hadi : Ath-L’hadi.

2 - Selon une source, généralement bien informée puisque c’est parmi les Oulkadi de Djemâa-Saharidj, ça serait M’hand et nullement Hand, comme écrit jusqu’ici par tous les auteurs ayant narré le royaume de Koukou.

3 – Elévation naturelle à l’extrémité sud de Djemâa-Saharidj. Précisons aussi que l’oued Sébaou coule d’est en ouest au nord de l’antique Bida Municipium.

4 -  Il en aurait eu sept en tout, selon le même Oulkadi de Djemâa-Saharidj.

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20 avril, 2013 à 16:05


Un commentaire pour “DJEMÂA-SAHARIDJ / Ces Izegrouren ayant rejoint Si M’hand Oulkadi dans l’antique Bida Municipium”


  1. Faire De L argent En Ligne Comment Jouer a Des Jeux écrit:

    Cela fait un long moment que je n avais pas lu une lecture de ce niveau !!!


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