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ALGÉRIE / Itinéraire du syndicat UGTA, depuis sa naissance à nos jours

À la veille du 1er Mai, Fête internationale du travail, il est jugé utile de faire la rétrospective du syndicalisme en Algérie pour nous enquérir du chemin qu’il a parcouru mais aussi lui lever le voile pour voir où il en est au jour d’aujourd’hui, c’est-à-dire cinquante ans après le recouvrement de l’indépendance.

ALGÉRIE / Itinéraire du syndicat UGTA, depuis sa naissance à nos jours dans ACTUALITÉ aissat-idir-2C’est en pleine lutte armée, précisément le 24 février de l’année 1956, que naquit l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et Aïssat Idir en fut le secrétaire général primitif dans l’histoire du syndicalisme proprement algérien.

Cet homme valeureux, tout à fait conscient de la lourde charge dont il a été investi, engagera aussitôt un travail de proximité avec, pour objectif, la mobilisation des travailleurs sur l’ensemble du territoire national. Secondé par d’autres adhérents (voire militants puisque c’était en période de guerre), il procédera à l’organisation profonde du mouvement syndical et atteindra, pour ce faire, les fins fonds du pays.

Les activités de grande envergure qu’entreprendra le natif des monts du Djurdjura, essentiellement les aptitudes ce cet homme à innover, organiser et orienter, mettront les autorités françaises dans une situation de panique.

prison3 Séparer le bon grain de l'ivraie /// dans ACTUALITÉCe pourquoi le géniteur du premier syndicat d’essence algérienne sera arrêté au siège de l’UGTA (sis, dans le temps, à l’actuelle place Ben-Badis, à Alger) pour être conduit à Berrouaghia afin d’y être jeté derrière les barreaux.

Avant son transfert à Alger, en 1957, pour un long calvaire d’interrogatoires, Aïssat Idir sera d’abord harassé par les mille et un déplacements qu’on lui fera subir d’un camp de concentration à un autre. Et ce ne sera qu’en 1959 qu’on le traduira, enfin, devant le tribunal militaire d’Alger, qui prononcera son… acquittement.

Nonobstant un tel verdict, qui lave Aïssat Idir de tout délit, l’armée coloniale le séquestrera à sa sortie de prison pour le torturer de manière éminemment « bestiale« , au… chalumeau pour être plus précis. Évacué dans un état moribond à l’hôpital Maillot (hôpital militaire : actuel hôpital de Bab-El-Oued, à Alger), Aïssat Idir succombera à ses blessures le 26 juillet 1959, suite aux traitements « abominables » dont il a fait l’objet de la part de l’armée coloniale française.

Au lendemain de l’indépendance et avec l’avènement du parti unique, à l’initiative de cette junte, ce groupe de l’ouest ayant accaparé le pouvoir, le syndicat UGTA, né dans la douleur en pleine guerre et ayant convenablement accompli la mission qui fut la sienne nonobstant la fragilité de la situation dans laquelle il évoluait, sera versé au FLN (appareil et non pas le FLN historique) en tant qu’organisation de masse, au même titre que d’autres structures similaires telles que l’ONM (les moudjahidine), l’UNPA (les fellah), l’UNFA (les femmes), la JFLN (jeunesse, organisation qui deviendra plus tard UNJA) l’UNEA (les étudiants)… pour mieux asseoir son hégémonie et avoir ainsi une force de frappe mieux nourrie.

Ainsi, l’UGTA sera sous tutelle et, par conséquent, sera détournée de sa mission véritable. Désormais, elle aura donc un rôle tout à fait autre que celui purement syndical : sensibiliser les travailleurs et faire d’eux des militants du parti FLN ou, à tout le moins, des sympathisants, pour que tout danger soit écarté.

abdelhak-benhamouda-26-141x150Après le 5 Octobre 1988, qui verra un certain bouleversement de la situation qui prévalait jusque-là, l’UGTA aura à sa tête Abdelhak Benhamouda, un vrai syndicaliste et un nationaliste. Et comme un certain clan au niveau de la haute sphère, donc au sein de ce pouvoir mafieux, n’était pas d’accord avec cette nouvelle image de l’UGTA, laquelle organisation commençait à faire du syndicalisme et plus de cette politique politicienne comme par le passé, on décida alors de remettre les choses à la place qu’elles occupaient auparavant. C’est ainsi qu’on fomenta un énième coup (l’habitude et l’expérience existent déjà : Abane Ramdane, Krim Belkacem, BenaÏ Ouali…) et le 28 janvier 1997, aux alentours de 13h30, on assassina Abdelhak Benhamouda, un homme qui était jusqu’au jour de sa liquidation comme une arête en travers de la gorge pour les rodés du gain facile et de la magouille.

Dans le même ordre d’idées, il y a lieu de rappeler que ce fut le même cas pour le président Mohamed Boudiaf, qu’on liquida un certain 29 juin de l’année 1992 au moment où il discourait dans la salle de spectacles de la maison de la culture mohamed-boudiaf3-150x99d’Annaba. On a vidé tout un chargeur de kalachnikov dans le dos de cet ancien maquisard parce qu’on ne pouvait vraiment pas affronter de face l’artisan du 1er Novembre 1954. Son tort ? C’est qu’en tant que premier magistrat du pays il voulait mettre de l’ordre dans cette Algérie qui virait au désastre ; il avait par conséquent envisagé l’ouverture des dossiers liés à la corruption et à la dilapidation des deniers publics. Et comme pour les charognards visés le pli est pris depuis que l’Algérie est indépendante et qu’il leur était donc impossible de faire marche arrière, le seul moyen pour eux de poursuivre la même voie qu’ils ont tracée minutieusement consiste en le fait d’écarter l’obstacle de la route. Et c’est donc cette solution qui leur a paru la plus aisée et la plus efficace et laquelle ils ont adoptée illico presto pour éviter l’interruption voire l’arrêt pur et simple d’une planification qu’ils ont conçue pour un très long terme !

abdelmadjid-sidi-said-2-120x150Pour revenir au syndicalisme, à présent, qui donc remplacera Abdelhak Benhamouda à la tête de l’UGTA ? Personne d’autre qu’Abdelmadjid Sidi-Saïd, un militant assidu du parti FLN, donc l’homme qu’il faut, celui à même de faire écho à la politique gouvernementale d’une part mais aussi convenable pour ce pouvoir occulte, faisant de l’Algérie une… vache à traire en accaparant certes pour lui toutes les mamelles.

Depuis, l’UGTA, infiltrée par des prédateurs de tout bord, issus des FLN, RND et consorts, seront confortablement installés aux commandes, dans des fauteuils enduits de colle forte, pour qu’ils fassent carrière dans le… (sous-entendu) syndicalisme.

Entre autres dérives que les acteurs auront à leur actif, outre leur opposition farouche à l’existence des syndicats autonomes, il faudrait noter aussi leur accord au gouvernement dans l’introduction de l’article 87bis qui interdit aux ugta-21-150x97travailleurs de revendiquer des augmentations de salaire ; tout comme il y a aussi ces pensions de retraite dont on limitera le minimum garanti à hauteur de 75 % du SNMG officiel ; n’omettons pas également ces tripartites (dans lesquelles les syndicats autonomes sont exclus d’office) où la centrale syndicale ne fait que figurer sans pour autant intervenir et taper sur la table pour arracher quoi que ce soit à la faveur des travailleurs qu’elle est censée représenter…

En somme, l’UGTA, avec sa nouvelle composante humaine à tous les échelons de la hiérarchie est le syndicat idéal pour ces pouvoirs aussi bien apparent que celui activant dans l’ombre.

Et la preuve est là ! À titre de récompense, pour services rendus, une douzaine de berlines Chevrolet ont été offertes à certains membres formant la direction de l’UGTA (lire le texte annexé ci-dessous pour mieux comprendre).

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A   N   N   E   X   E

DES BERLINES POUR LA DIRECTION DE L’UGTA

berline-alpha-romeo2Des cadeaux de fin d’année comme jamais les bougres de travailleurs n’en ont jamais rêvé. Des berlines Chevrolet, une douzaine au total, ont été récemment offertes aux principaux membres de la direction nationale de la centrale syndicale, avons-nous appris de source informée. Merci qui ? Merci au gouvernement envers lequel le syndicat de Sidi-Saïd ne cesse de déployer, depuis des années, des trésors de bienveillance et de soutien. Le prix de chaque berline serait, d’après la même source, de 2,5 millions de dinars. Les travailleurs apprécieront !

       (in El Watan, espace ON VOUS LE DIT, n° 6451 du 8 janvier 2012)

 

NDR /// Trois milliards de centimes (3.000.000.000), en cadeaux, en faveur de la direction de l’UGTA, pour tous les services rendus régulièrement au gouvernement ! Et cela… sur le dos du peuple algérien !

Qui dit mieux ???

 

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N O U V E L L E S    F R A Î C H E S

Nous apprenons, de sources bien informées, que le Secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, est en Suisse pour des soins intensifs.

 

Questions toutes pertinentes :

1/ Ces soins, incontestablement pas de quelques sous mais de tant d’euros, seront à la charge de qui ? Du patient ?

2/ Comme la réponse est claire sur ce sujet, est-ce que les leaders des Syndicats autonomes disposent d’un tel privilège par ce fait qu’ils ne font que défendre les intérêts des travailleurs et ne jouent guère à ce jeu malsain d’apporter constamment de l’eau au moulin du pouvoir ?

 

À vous ami(e)s lectrices et lecteurs, fidèles à ce blog, d’apporter la réponse qui s’impose et laquelle n’exige certes nulle réflexion mais sans conteste une réaction instantanée et toute logique !

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25 avril, 2013 à 1:57


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