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ALGÉRIE / La presse censurée et poursuivie en justice pour le délit… d’avoir fait convenablement son travail

La maladie du président de la République suscite moult interrogations. Le peuple veut savoir la vérité sur l’état de santé de celui qu’il a élu à la magistrature suprême et tient à être tenu régulièrement au courant de son évolution ; c’est là un plein droit et nul ne peut le contester. Mais, hélas, sciemment ou par incompétence, l’institution devant assurer ce devoir d’informer s’abstient de toute communication et se mure dans un silence qui ne dit pas son nom.

Mais, enfin, tenant compte de ce pouvoir allergique à la communication, nous posons la question à ceux-là mêmes qui tiennent les rênes : est-ce que le peuple algérien a le droit de savoir, d’être informé sur l’état de santé de son Président ? Si la réponse est OUI, pourquoi ne le fait-il alors pas avant que cela soit revendiqué bruyamment ? Si c’est NON, pourquoi dans de telles conditions fait-il appel à ce même peuple pour qu’il élise son président ?

ALGÉRIE / La presse censurée et poursuivie en justice pour le délit... d'avoir fait convenablement son travail dans ACTUALITÉ interrogation-22Avec ces gens, censés faire un travail pour lequel ils sont pourtant rémunérés et payés excessivement fort par rapport à ces maudits salaires qu’on octroie aux travailleurs de la basse classe, qui ne communiquent guère ou, lorsqu’ils le font, c’est bel et bien parce que mis au pied du mur et, dans un tel cas de figure, ils usent de la démagogie et du mensonge… Ce qui non seulement laisse les gens sur leur faim mais ouvre incontestablement la voie à interrogations et supputations.

Conséquemment à cela, la presse indépendante, conscience professionnelle oblige, tente de combler ce vide en fouinant et en cherchant l’information la plus plausible à communiquer à ses lecteurs. C’est cela son travail et, partant de là, elle est dans son droit le plus absolu.

Étant donné qu’en Algérie, comme on dit « qui s’y frotte s’y pique » puisqu’on admet tout ce qui est hors-la-loi (corruption, dilapidation des deniers publics, accaparement du foncier et des logements, crime organisé…) et qu’on n’admet par contre pas ce fait de fouiner dans le secret des dieux, on cherche donc des griefs pour punir celui se conformant à la loi et aux règles de l’éthique et de la déontologie.

Et c’est ce qui est arrivé tout récemment à Hicham Aboud, numéro un du quotidien Mon journal et de son corollaire en langue arabe, Djaridati, pour le tort de n’avoir fait que consciencieusement son travail en s’étant donné la peine d’avoir couru et frappé à la bonne porte pour chercher des informations à communiquer à ses lecteurs et dire que l’état de santé du Président de tous les Algériens s’est « dégradé ».

Pour cela, le pouvoir prêt à réagir au moindre signal de ses radars (ici, l’allusion est faite à ces imprimeries d’Etat, qui ne se limitent pas à leur mission, celle d’imprimer les journaux, mais qui font aussi un travail de police politique en jouant les indicateurs), le ministère de la communication a pris l’initiative de non pas seulement censurer ce qui porte sur l’état de santé du président Bouteflika mais d’interdire purement et simplement la parution des deux numéros incriminés.

La justice, pour sa part, aveugle sourde et muette lorsque de gros bonnets défient ouvertement la loi et prompte à réagir dans des trucs tout à fait anodins (comme lorsqu’il s’agit de déclarer une grève illicite) se saisit illico presto de l’affaire et invente des délits graves pour faire passer la pilule. Et c’est ce qui est arrivé à Hicham Aboud, qui se voit poursuivi pour « atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’unité nationale et à la stabilité et au bon fonctionnement des institutions » et ce pendant que ceux se sucrant jour après jour sur le dos du peuple continuent de le faire paisiblement et ne sont point inquiétés par qui que ce soit.

farouk-ksentini-150x99 Presse malmenée /// dans ACTUALITÉQuant à notre observatoire officiel des droits de l’Homme, avec à sa tête Maître Farouk Ksentini, celui-ci reste de marbre. C’est quelque peu comme ce parquet général, il agit seulement pour aller à la rescousse du plus fort en s’alignant sur sa position.

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21 mai, 2013 à 21:01


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