Bienvenue à toutes et à tous sur ce site renfermant des articles touchant à des thèmes variés
  • Accueil
  • > CULTURE
  • > LE POÈTE L’HADJ AREZKI OUHOUACH DE DJEMÂA-SAHARIDJ / À propos de la spoliation de ses oeuvres (1ère partie)

LE POÈTE L’HADJ AREZKI OUHOUACH DE DJEMÂA-SAHARIDJ / À propos de la spoliation de ses oeuvres (1ère partie)

 

LE POÈTE L'HADJ AREZKI OUHOUACH DE DJEMÂA-SAHARIDJ / À propos de la spoliation de ses oeuvres  (1ère partie) dans CULTURE said-boulifa1

SAÏD BOULIFA

Une délégation d’intellectuels, émanant d’Alger et conduite par Saïd Boulifa, se présenta un jour au domicile du caïd de Djemâa-Saharidj.

Cette mission culturelle et scientifique était animée de la volonté de s’enquérir de la richesse artistique, linguistique et littéraire des habitants de l’antique Bida Municipium mais surtout rencontrer ce poète, L’hadj Arezki Ouhouach, dont le verbe portait loin et haut. 

Le caïd, bien fier d’avoir parmi ses administrés une personne aussi renommée, un sujet d’intérêt scientifique qui valait ce déplacement d’Alger, ce à quoi l’autorité locale ne s’attendait guère d’ailleurs, fit immédiatement appel à L’hadj Arezki Ouhouach. 

Notre poète répondit sans façon à l’invitation du caïd. Ce dernier, d’une grande civilité, le mit à l’aise, le présenta à ses visiteurs puis, après tout un chapelet d’éloges, l’informa de sa précieuse présence (voir la note 1 en bas de page) parmi le groupe.

lhadj-arezki-ouhouach-en-19161 spoliation d'oeuvres (1) dans CULTURE

 

L’hadj Arezki, en toute modestie, loin de deviner l’objectif d’une telle mise en scène, commença à déclamer ses fameux poèmes… Soudain, il s’aperçut que ces gens venus d’Alger notaient ses dires, au fur et à mesure, sur des feuillets. Il se troubla et, comme contrarié, se tut brusquement, se leva et quitta le caïd et ses hôtes sans dire mot.

L’administrateur, fort embarrassé, choqué voire humilié par la tournure subite des évènements, après un moment de stupeur, envoya vite un domestique rencontrer Ali Ou-Belkacem (voir la note 2 en bas de page), un cousin du poète, afin qu’il tente de remédier à la délicate situation qui venait de naître.

Le caïd n’ignorait guère qu’Arezki Ouhouach respectait beaucoup son cousin et que, normalement, il ne pourrait rien lui refuser.

Ali Ou-Belkacem se prêta volontiers à cette mission de bons offices. Il alla aussitôt voir le poète pour lui parler et tenter de le faire changer d’avis.

La surprise d’Ali Ou-Belkacem fut grande quand L’hadj Arezki l’informa de ce qui en était au juste. Le poète campa sur sa position et refusa catégoriquement que ses poèmes soient transcrits et colportés car conscient que son nom, en sa qualité d’auteur, paraîtrait sur des pages de journaux et/ou de livres.

Voyant que L’hadj Arezki ne voulait pas revenir sur sa décision tant que son nom devrait être rendu public, le missionnaire de bons offices le rassura et lui jura par tous les saints qu’il interviendrait personnellement auprès des membres de la délégation pour qu’il le taisent.

Ali Ou-Belkacem obtint l’accord de ces derniers et L’hadj Arezki revint sur sa décision. Voilà, enfin, le problème résolu !

Tout de suite après, le groupe (le poète et les hôtes du caïd) se dirigea vers le bord du ravin dénommé Ighzer n Bouhlou (l’oued Bouhlou), précisément à proximité du moulin à grains dit Tissirt n Ath Boumedien (le moulin des Ath Boumediene /// voir la note 3 en bas de page), ce même moulin dont le poète assurait l’exploitation.

Pendant une bonne semaine (voir la note 4 en bas de page), du petit matin au coucher du soleil, la rencontre se poursuivit dans cet endroit aussi pittoresque ayant joué le rôle de salon au profit du barde et des membres de la délégation.

L’hadj Arezki enfin rassuré par le fait que, selon sa volonté, son anonymat sera respecté et sauvegardé en dehors du cercle restreint de ses auditeurs, déclama ses poèmes sans discontinuité. Et, comme convenu, ses auditeurs transcrivaient au fur et à mesure.

À  suivre…

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

1 – Rencontre du mois d’avril 1903, selon Tahar, le fils du barde.

2- Ali Ou-Belkacem est un descendant de Belkacem, du groupe Izegrouren ayant rejoint Si M’hand Oulkadi à Djemâa-Saharidj (consulter l’annexe 1 de l’article consacré aux Izegrouren, publié le 20 avril 2013 dans la catégorie HISTOIRE).

3- Les Ath-Boumedien sont descendants de Boumedien, du même groupe Izegrouren (consulter également l’annexe 1 du même article que ci-dessus).

4- Pendant leur séjour à Djemâa-Saharidj, les membres de la délégation étaient pris en charge (logés et nourris) par le caïd.

village-djemaa-saharidj-bis1

———-=====oOo=====———-

1 juillet, 2013 à 18:17


Laisser un commentaire