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LE POÈTE DE DJEMÂA-SAHARIDJ / À la découverte de L’hadj Arezki Ouhouach, dans son intimité

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SA SITUATION SOCIALE

LE POÈTE DE DJEMÂA-SAHARIDJ / À la découverte de L'hadj Arezki Ouhouach, dans son intimité dans CULTURE village-djemaa-saharidj-bis-300x224C’est à Djemâa-Saharidj, au sein du âarch Ath-Fraoussen, que naquit L’hadj Arezki Ouhouach, celui-ci même qui sera ce grand poète kabyle des 19e et 20e siècles. Sa date de naissance n’est qu’approximative par ce fait que l’état-civil, en Kabylie, n’eut pas d’existence officielle avant 1890.

Arezki Ouhouach vint au monde en 1838 en nous inspirant du registre matrice de la commune de Mekla qui stipule : « Âgé de 55 ans en 1893 ». Il est le fils de M’hand, issu des Ath-Ahmed (voir l’annexe 1 en bas de page), eux-mêmes descendants des Izegrouren (voir larticle publié en date du 20 avril 2013, dans la catégorie HISTOIRE). Il décéda, selon son fils Tahar, en 1927, à l’âge de 89 ans.

photo-023-300x187 Réhabilitation du poète anonyme dans CULTUREUne autre précision de taille émane de Gabriel Lambert, un arrière-petit-fils de Louis et d’Albertine Viguié (voir lannexe 2 en bas de page), qui rapporte que, selon sa maman Hélène Viguié, L’hadj Arezki Ouhouach, un ami intime de cette même famille, serait décédé un mois d’août, noyé à proximité du moulin à grains qu’il exploitait au ravin Bouhlou et ce suite à une crue soudaine, provoquée par un violent orage. Un accident auquel L’hadj Arezki ne put échapper parce qu’aveugle : il a perdu la vue dans la période du troisième âge.

Arezki Ouhouach se maria successivement à deux femmes. La première ne lui donna aucun enfant. Du deuxième lit, il eut une fille, Malha, née présumée en 1878 et, beaucoup plus tard, en 1887, un garçon qui sera prénommé Tahar.

Sa seconde femme, qui sera atteinte d’une grave maladie laquelle l’alitera assez longtemps d’ailleurs, le laissera veuf une fois de plus mais cette fois père. Ce sera alors Malha qui, au seuil de son adolescence, se verra contrainte de prendre en charge et la maison et l’éducation de son petit frère qui ne connaitre, hélas, jamais sa maman parce qu’âgé d’à peine une dizaine de mois. L’hadj Arezki, pour sa part, demeurera veuf jusqu’à la fin de ses jours.

 

SES PREMIERS PAS DANS LA POÉSIE

photo-02-150x96Issu d’une famille modeste, L’hadj Arezki Ouhouach sera berger dès son jeune âge. Par conséquent, il n’aura pas cette chance de fréquenter l’école coranique, à l’instar de certains autres et ce malgré que les enfants natifs de l’antique Bida Municipium et vivant sur ce site, se comptaient sur les doigts d’une seule main eu égard à ceux fréquentant ces lieux (voir lannexe 3 en bas de page) au sein desquels on enseignait les versets du saint Coran dans l’un et le droit musulman dans l’autre.

img007-300x198Quant à l’école française, pour ce qui est de ces structures didactiques initiées par le dernier colonisateur, lesquelles dispensent un savoir permettant de déboucher sur la littérature, les sciences, la technique…, il ne l’aura même pas à l’idée par ce fait que les primitives (voir lannexe 4 en bas de page), en Kabylie, ne commencèrent à voir le jour qu’à l’orée de la décennie 1880 et, pis encore, de façon très clairsemée.

En compensation de ce vide, Arezki Ouhouach s’orientera vers la mélodie… Ces airs du terroir sortant de la traditionnelle flûte taillée dans le roseau, dont il apprendra l’usage dans les prés, comme la presque totalité des bergers de l’époque. Et, pour lui, ce sera probablement cet instrument à vent, joué du petit matin au coucher du soleil, façon de meubler son temps dans les pâturages pendant que son bétail est occupé à paître, qui l’exhortera à avoir du goût pour la poésie.

 

SON PÈLERINAGE À LA MECQUE

L’éducation reçue par Arezki Ouhouach, ajoutée à l’environnement dans lequel évoluait le natif de l’antique Bida Municipium, feront très tôt de lui un croyant et un fervent pratiquant. De ce fait et, à la suite d’un concours de circonstances, notre berger-poète se rendra en pèlerinage à la Mecque, âgé d’à peine… seize ans. Ceci se passait donc en 1854.

Le printemps touchait à sa fin. Un beau jour, rentré des pâturages, il s’affaissa sur son lit de paille pour prendre un moment de répit avant d’avaler le maigre déjeuner et reconduire son troupeau vers la plaine dès que les rayons du soleil auront diminué quelque peu d’intensité. Soudain, il entendit le chant doux, sorte de cantique, des futurs pèlerins de la localité, en tournée pour la collecte traditionnelle. Il se leva et se précipita aussitôt au dehors, vers la foule, jusqu’à se retrouver inconsciemment au centre du groupe.     

L’homme portant l’étendard l’attira promptement de son côté et lui caressa le visage de l’étoffe sainte. Le jeune Arezki Ouhouach ne résista guère à cette bénédiction-invitation à faire partie du collectif devant être l’hôte de la Maison de Dieu comme cela se dit dans le langage vernaculaire, un vocable que l’on rencontre notamment chez les gens du troisième âge.

M’hand, son père, en apprenant la nouvelle, s’affola, sachant son fils engagé à effectuer le pèlerinage faute de quoi cela serait une trahison au prophète Mohamed (QLSSSL) alors que le géniteur n’avait pas les moyens pour permettre à Arezki l’exécution de ce qui relève du cinquième pilier de l’Islam.

Mohand Ameziane, l’autre fils de M’hand, aîné et agriculteur de son état, vint vite à la rescousse de son père pour lui faire la promesse que son jeune frère irait à la Mecque nanti à l’instar de tous les autres pèlerins.

port-dalger-en-18501Le jour venu, L’hadj Arezki Ouhouach se rendit au port d’Alger, à dos de cheval (voir l’annexe 5 en bas de page), en compagnie de ses pairs.

Premier accroc : à cause, sans nul doute, du temps mis pour parcourir le trajet, avec les maintes escales consacrées au repos et à la restauration, le groupe rata le départ du bateau-bus dont le pavillon battait déjà au large. Pour pallier à cet incident, nos candidats au pèlerinage n’eurent pas d’autre choix que d’avoir recours à un petit voilier.

Deuxième accroc : ce modeste moyen de déplacement par voie maritime, sans nul doute non conçu pour des traversées mais seulement pour la pêche et, éventuellement, la plaisance aussi, fut pris dans une violente tempête… S’ensuivra, par conséquent, une douloureuse expérience qui marquera au fer rouge tous les occupants du bateau. Maintes fois, l’embarcation manqua de chavirer, tanguant au gré des vagues déferlantes. La situation se montra de plus en plus désespérée, hélas, au point où le maître à bord, sérieusement dépassé par la tragique tournure des évènements, n’hésita pas un instant de plus pour s’adresser aux pèlerins, l’air notablement inquiet, laissant transparaitre une catastrophe imminente, les invitant voire les exhortant à faire quelque chose en urgence… Consigne se traduisant par d’ultimes recours à la volonté divine avant un naufrage inéluctable.

D’une seule et même voix, les bras levés et le visage face au ciel, les pèlerins se mirent à prier ardemment, frénétiquement. L’embarcation devint, sans conteste, non contrôlable avec l’ampleur des vagues. Les prières des candidats au pèlerinage se faisaient encore plus pressantes et implorantes. La panique gagna tous les passagers, sans exception aucune !

Notre adolescent, berger-poète et plus jeune de l’ensemble des occupants du voilier, avant de tomber raide sans connaissance, poussa un cri de détresse si strident qu’il est à même de provoquer la chair de poule, pour que le natif de l’antique Bida Municipium s’exclame de la sorte : « Annagh andda tellamt a tudjal timezzyanin ! » ( êtes-vous ô veuves si jeunes !).

Sa dernière pensée, peu avant de s’évanouir, fut pour une jeune veuve de son village voire de son quartier, à qui il prêtera, en songe, cette réplique : « Tessumlem-agh ! Attan sfina nwen ! » (Vous nous agacez ! Voilà votre bateau !).

Le périlleux périple faillit coûter la vie à tous les passagers. Miracle ! Soudainement la tempête se calma ! Un fait insolite ! Comme par enchantement, le bateau retrouva l’équilibre perdu jusque-là et put enfin poursuivre sereinement son itinéraire avec, à son bord, tous les passagers embarqués du port algérois dont le jeune Arezki Ouhouach remis, tout ébahi, de sa syncope.

Cette effroyable mésaventure inspira, illico, trois poèmes à l’adolescent candidat au pèlerinage. Notre versificateur composa, dans ce contexte, trois œuvres dans lesquelles il narra ce qu’il vécut au large de la grande bleue avec ses cooccupants du voilier (voir lannexe 6 en bas de page).

 

La première

Ghligh deg lebhar s lqed / Leslak oulahed / Alama houdden ssalhin

Lmouja koul tha tezzem-ed / Izriw yemarmegh-ed / Ghaf lehbab wid nettissin

Mi d Rebbi ma ikheli hed / A youl tfiker-ed / Wissen an ffegh d ssalmin

Je suis tombé raide au milieu de l’océan / Sans issue aucune / À moins d’un salut prodigieux

Les déferlantes surgissant de toutes parts / Et de larmes mes yeux s’emplirent / Me remémorant amis et connaissances

Dieu n’abandonnant guère ses créatures / Ô mon cœur aie une pensée pieuse / Sans doute allons-nous sortir indemnes

 

La seconde

Ghligh deg lebhar neblaâ / Lhout lay inechaâ / Lmouja la dettsifi

Ssfina choudden-as teqlaâ / Oulanda itt neqdaâ / Rrayes iâemmed iyounfi

Mi d Rebbi ahbib neqouraâ / A nezguer an mnaâ / Ghoures ay tella dwa chafi

Je suis tombé au milieu de l’océan, englouti par les eaux / Les sélaciens guettant la moindre proie / Et les vagues poursuivant leur déferlement

L’embarcation à la merci des flots / Sans maîtrise aucune / Le commandant de bord ayant abandonné le gouvernail

Du Tout-Puissant nous attendons / Que notre traversée aboutisse / Car Lui seul détient le remède miraculeux

 

La troisième

Ghligh deg lebhar yewsaâ / Deg rrif ar lqaâ / Our di bwi hed lekhbar-is

Qlil deg medden akw tmaâ / Âudden ay isseblaâ / Koul wa dag iheddar woul-is

Mi d Rebbi ahbib d amchafaâ / Iwaâed an mnaâ / Qbel rrouh mazal yaghdis

Je suis tombé au milieu de l’océan incommensurable / De la surface jusqu’au fond / Nul n’est censé connaitre la profondeur

Trés mince était l’espoir de chacun / Tous croyaient que j’allais être englouti / Et chacun ce qu’il imagina

Comme Dieu en est le Sauveteur / Il fit que nous sortions indemnes / Pour que nous survivions avant d’être rappelés à Lui

 

SA VISITE À LA CONFRÉRIE DE SIDI M’HAND OU MALEK

Durant sa jeunesse, Arezki Ouhouach usa de douze métiers et s’usa à treize misères. Il se trouva, à une certaine époque, contraint de faire crieur public (meddah), en s’affichant d’une porte à une autre à travers diverses localités de la région, pour subvenir aux besoins de sa petite famille.

zaouia-de-tifrit-n-ath-oumalekUn jour, il se rendit à Tifrit n Ath Ou-Malek, muni de petit bendir comme à l’accoutumée, cet instrument à percussion de quoi il ne se sépare généralement pas dans un tel genre de tournée. Une étape décisive dans sa vie…

À la nuit tombante, il se dirigea vers la zaouïa dite de Sidi M’hand Ou Malek pour y trouver refuge jusqu’au lendemain matin.

Après la dernière prière de la journée, Arezki Ouhouach s’approcha des tolba de ce lieu de culte et commença à leur déclamer des poèmes du genre mystique avant d’entamer des cantiques et des litanies. Les jeunes étudiants s’y intéressèrent tellement qu’ils ne le quittèrent pas une seconde. Ils étaient comme envoûtés. Et, conséquemment à cela, le temps passa si vite que l’appel à la prière matinale retentit sans qu’ils ne se rendirent compte qu’ils étaient prés de la pointe du jour.

La prière passée, les fidèles commencèrent à quitter le lieu. Alors que L’hadj Arezki s’apprêtait à en faire de même, afin de poursuivre sa tournée, voilà qu’il fut cordialement invité par le cheikh à y rester. Ce qu’il fit de bonne grâce : qui oserait donc répondre par la négative à pareille invitation hospitalière ?

Le Maître de la confrérie invita tout de suite après ses jeunes étudiants à se rassembler autour de lui. Ceux-ci s’empressèrent aussitôt de former un demi-cercle face au cheikh comme ils ont cette habitude de le faire assez souvent. Puis, désignant notre poète, le Maître exposa les motifs de son invitation générale : « J’ai retenu cet étranger qui s’apprêtait à partir… Je l’ai retenu parce que nous lui devons récompense ! En effet, nous devons le récompenser pour avoir assuré l’animation de ce lieu de culte la nuit durant ! »

Il prit alors le livre (voir lannexe 7 en bas de page) de l’Ancêtre-fondateur de la confrérie, l’ouvrit délicatement, le parcourut un laps de temps puis le referma, comme par un rituel d’inspiration.

Il s’adressa une nouvelle fois à son auditoire pour lui ajouter : « Sidi M’hand Ou Malek a écrit que ce que diraient ses successeurs à la tête de la zaouïa c’est lui qui l’aurait dit. Aussi (s’adressant cette fois directement à Lhadj Arezki), nous faisons trois vœux en ta faveur : d’abord une vie aisée, ensuite du talent en thérapeutique et, enfin, une intelligence constamment en éveil. »

Le Maître nota ces trois vœux, énoncés solennellement, sur du papier de format réduit qu’il plia plusieurs fois avant d’en faire une amulette qu’il garda dans les archives de Sidi M’hand Ou Malek. Tout de suite après, il fit un talisman qu’il pendit au cou de L’hadj Arezki.

On rapporte alors que, depuis, le fils de M’hand Ouhouach connut un essor considérable dans le domaine poétique et que c’est de là qu’il commença à améliorer sa composition et ce aussi bien quantitativement que qualitativement, sur le prophète Mohamed (QLSSSL) et tout ce qui a trait à l’Islam.

Selon le fils du poète, L’hadj Arezki aurait secouru pas mal de malades et ce grâce aux pouvoirs qui lui auraient été conférés par la zaouïa de Sidi M’hand Ou Malek.

Enfin, plus tard, Tahar, à l’orée de son adolescence, accéda à la vie active. Dans ce contexte, le fils du barde, attiré par l’ébénisterie (voir l’annexe 8 en bas de page), entra d’abord comme apprenti dans un atelier photo-5793-150x112conséquent au sein même de l’antique Bida Municipium. À l’issue de sa formation, il commença par exercer le métier pendant quelques temps auprès du même employeur (qui fut certes son formateur) avant de s’installer à son propre compte et finir par employer, lui aussi, un certain nombre d’ouvriers.

Ajoutons à cela qu’il (Tahar) eut moult occasions d’être invité pour prendre activement part à des manifestations du genre de l’Exposition des Arts et des Techniques, qui se tint à Paris, capitale française, en 1937, d’où il décrocha la Médaille de Bronze.

photo-5821-150x112Deux années plus tard, en 1939, il se vit nommé Officier d’Académie par le ministre de l’Éducation nationale.

Le père et le fils jouirent ainsi d’une certaine prospérité et se permirent, conséquemment à cela, d’acquérir quelques propriétés et de construire une nouvelle demeure.

Notre poète vagabond connut, de ce fait, des jours meilleurs. Et, allègrement, il s’adonna à sa passion poétique… Une passion qui le gratifia d’une renommée qui dépassa amplement sa contrée pour atteindre Alger, la capitale.

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A   N   N   E   X   E   S 

1 – L’annexe 1 de l’article consacré aux Izegrouren, publié le 20 avril 2013 dans la catégorie HISTOIRE, explicite bien ce côté généalogique.

2 – Louis et Albertine Viguié, duo d’instituteurs (mari et femme en vie privée), furent les premiers enseignants à l’école primitive de Djemâa-Saharidj, lequel établissement ils ouvrirent en 1882. Notons que les Viguié, de père en fils, furent enseignants et demeurèrent, conséquemment à cela, soixante (60) ans dans l’antique Bida Municipium, précisément de 1881 à 1941.

- Ces deux écoles coraniques, Sidi Sahnoun et Tala Meqren. Pour davantage de précisions, consulter le 12e paragraphe de l’article consacré au village Djemâa-Saharidj, publié le 19 avril 2013 dans la catégorie SITES.

- Le gouvernement français, que présidait Jules Ferry, décida en 1881 de l’édification de cinq écoles en Kabylie, structures qu’il baptisa  »Ministérielles ». Quatre seront érigées en Haute Kabylie, dans les villages que sont : Tamazirt, à Fort-National (présentement Larbâa-Nath-Irathen) ; Djemâa-Saharidj, au sein du âarch Ath-Fraoussen ; Tizi-Rached, qui dépendait de la circonscription de Fort-National dans le temps et Taourirt-Mimoun, chez les Ath-Yanni. La cinquième et dernière, quant à elle, sera implantée à Ighil-Ali, dans le périmètre de ce qui était appelé jadis la Petite Kabylie.

5 – Avec l’inexistence de véhicules motorisés dans le temps, c’est à dos de cheval qu’on se déplaçait pour parcourir de longs trajets.

6 – Il a composé trois poèmes pour la circonstance. Vous pourrez retrouver ceux-ci dans deux ouvrages : d’abord celui de Mohand Ouramdane Larab, intitulé Ammud isefra n Lhadj Arezqi Uhewac Amedyaz n At Frawsen, publié en 2007 par la maison d’édition LE SAVOIR, ces trois poèmes sont aux pages 16 et 17. Tout comme vous pourrez les retrouver dans le bouquin de Mouloud Haouche, portant pour titre Un poète… spolié de ses œuvres, ce barde d’Ath-Fraoussen, L’hadj Arezki Ouhouach (1838 – 1927 ), édité par EL AMEL en 2010 ; ces trois poèmes sont aux pages 48 à 50.

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7 – Un ensemble de feuilles volantes, reliées entre elles par une couture, formant ainsi un genre de gros registre dans lequel l’Ancêtre-Fondateur de la confrérie consignait ses orientations.

8 – Précisément la sculpture sur bois, qu’on appelle aussi le meuble sculpté.

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CHEIKH ARAB BOUYEZGARENE / Un des piliers de la chanson populaire kabyle

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CHEIKH ARAB BOUYEZGARENE / Un des piliers de la chanson populaire kabyle dans CULTURE cheikh-arab-abouyezgaren-13Depuis son entrée dans le domaine de l’art, à la veille du déclenchement de la lutte de libération nationale, en enregistrant son premier disque 78 tours, l’hommage primitif qui sera rendu à Cheikh Aârab Abouyezgaren se fera par le biais de l’association d’activités de jeunes de la maison de jeunes de Djemâa-Saharidj, au milieu de la saison estivale 1998.

En effet, pendant trois jours de suite, du 12 au 14 août, cette AAJ honorera avec brillance l’auteur de la célèbre chanson  Ah anef-as anef-as place Pigalle tehkkem fellas…

Né à Djemâa-Saharidj, au cœur de la Kabylie du Djurdjura, Aârab Abouyezgaren (Mohamed Arab Bouzgarene, selon le registre de l’état-civil) viendra au monde au printemps de l’année 1917 et précisément le 27 du mois de mai.

Mohamed Arab vécut son enfance à Tadekkart, dans ce quartier sis au centre-nord de ce vaste patelin aux sources abondantes, baptisé Bida Municipium par la colonie romaine.

Tout petit, Mohamed Arab montrait déjà un certain penchant pour la mélodie puisque, bien souvent, il lui arrivait de fredonner des airs du terroir, entendus ici et là, particulièrement auprés des chorales féminines lors de soirées dansantes à l’occasion de mariage ou de circoncision.

Peu avant son départ pour l’exil, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Aârab Abouyezgaren sera sollicité par son oncle maternel, un marchand ambulant, pour qu’il aille à sa rescousse. Partant de là, l’enfant de Tadekkart se rendra souvent à Alger, en compagnie de ce parent versé dans le commerce, pour qu’ils écoulent ensemble leurs lots d’articles à travers certains marchés de la capitale.

Dans ce grand centre urbain, Aârab Abouyezgaren fera fortuitement la connaissance d’El Hadj M’Hamed El-Anka. Progressivement, il tissera un lien d’amitié avec l’auteur de A mmi âzizen et de Lahmam lli rabitou mcha âliya et aura ainsi l’occasion de puiser de lui une grosse somme de connaissances en matière artistique.

img_01103-300x225 Chanson de l'exil /// dans CULTUREEn 1946, Aârab Abouyezgaren s’envolera pour la France. Une fois sur ce sol étranger, le natif de l’antique Bida Municipium ressentira un dépaysement féroce et la séparation avec les êtres chers lui pèsera beaucoup. Il se mettra alors, pendant un certain temps, à la recherche de gens du bled auprès desquels il pourrait trouver réconfort. Ses randonnées lui permettront de faire entre autres rencontres celle d’artistes émigrés, tels que Cheikh El-Hasnaoui, Slimane Azem, Fatma-Zohra, Bahiya Farah… Ceux-ci deviendront vite ses compagnons et l’aideront, dans une première étape, à surmonter ses obstacles avant de lui tenir la main pour faire ses premiers pas dans la chanson. La toute première œuvre qu’aura à enregistrer Aârab Abouyezgaren sera Anef-as anef-as, avec l’accompagnement de Bahiya Farah au refrain ; dans cette chanson, le natif du village aux quatre-vingt-dix-neuf sources évoquera son départ pour l’autre rive de la Méditerranée et sa vie loin des siens.

Aârab Abouyezgaren chantera l’exil, la nostalgie, la mystique… Il aura à son actif (œuvres recensées) onze chansons : Anef-as anef-as, Akka ay ddous, Am’imezran, Fellak nebdou, Chiyaât-as ad-yas, Touwâar ddounit, Oul yejrah tassa touden, A yemma fek-iyi rekba, Yettawi-t tmaâ, Lwaqt ouâwij, Irouh irouh laâqel-is mechtouh. Huit seulement desdites œuvres, hélas, sont encore disponibles à la discothèque de la Radio algérienne.

Aârab Abouyezgaren décédera au mois d’avril de l’année 1988, à l’âge de 71 ans, loin de sa patrie. Il sera inhumé là-bas, sur le sol français, là où il vécut prés d’un demi-siècle.

Notre exilé adora fort l’art de la chanson. Son dernier vœu aux intimes présents à son chevet avant qu’il ne rende l’âme, sera d’être enterré avec son instrument de musique. Ce qui deviendra effectif pour qu’il soit permis au défunt de reposer en paix.

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