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Maxime Picard, cet ancien instituteur à l’école primaire de garçons de Djemâa-Saharidj

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Venant de Métropole, Maxime Picard connaîtra Djemâa-Saharidj à la fin de l’été 1955. Il vivra onze années consécutives (jusqu’à la fin de l’année scolaire 1965-66) dans l’antique Bida Municipium, ce village dit aux « quatre-vingt-dix-neuf sources »

Après une année de formation professionnelle qu’il passera à l’École normale d’Alger, il sera affecté à l’école de garçons de Djemâa-Saharidj pour y exercer le métier. Ce sera, par conséquent, son premier poste dans la carrière.

Sa femme (Renée) et sa fille (Maxime tout comme son père et, pour précision, elle ne devait avoir que sept ans en 1955) le rejoindront et, dans ce gros village, la petite famille tissera de forts liens d’amitié.

Ajoutons que Maxime Picard prendra la direction de la même école à la rentrée de l’année scolaire 1958-59.

Soulignons que l’ex-normalien, lorsqu’il décidera de son propre chef de quitter définitivement l’Algérie pour retourner en France, son pays, ceci « afin de laisser ma place à un Algérien » comme il prendra le soin de le mettre bien en évidence dans son livre, gardera un très bon souvenir de la Kabylie en général et de Djemâa-Saharidj en particulier. En parcourant Chez moi en Kabylie, cet ouvrage autobiographique qu’il publiera en 2006, on lira aisément cet amour qu’il porte pour cette région du Djurdjura et les âmes qui l’habitent.

La nostalgie est également lisible chez cet ancien instituteur qui a fait ses premiers pas dans le métier à Djemâa-Saharidj ; on la retrouve entre les lignes de ce même bouquin qui est le sien et, d’ailleurs, celui-ci porte en couverture, à la une, la photographie d’un pan du mont Fiouan, cité dans un poème qu’il a composé sur Djemâa-Saharidj.

Maxime Picard, cet ancien instituteur à l'école primaire de garçons de Djemâa-Saharidj dans PERSONNALITÉS photo584-112x150Dans Chez moi en Kabylie, il a écrit en page 18 : « (…) Je fus très agréablement surpris quand, au cours des vacances d’été, je reçus mon affectation dans une école importante que je n’avais même pas osé inscrire sur ma liste et qui était située dans un gros village kabyle d’environ cinq mille habitants : Djemâa-Saharidj. »

Plus loin, aux pages 19 et 20, il a évoqué sa visite relative à cette même école (voir l’annexe 1 en bas de page) où on l’a affecté ; ce fut, pour ainsi dire, une exploration des lieux avant qu’il ne rejoigne son poste de travail et, pour la circonstance, ce sera un ami à lui qui l’y amènera à l’aide de sa 2CV, cette bagnole de marque « Citroën » très prisée dans le temps pour sa suspension parfaite et son économie de carburant même si, néanmoins, le véhicule n’est pas du tout un champion de la vitesse comparativement à certaines autres autos de l’époque.

Ladite visite, pour revenir à elle, eut lieu en date du 25 septembre de l’année 1955 (voir l’annexe 2 en bas de page). Il a narré ce voyage de début d’automne en direction de cette Kabylie du Djurdjura et a décrit la dernière étape du périple comme ceci : « (…) Nous prîmes la direction d’Azazga et bifurquâmes à la pancarte indiquant Mekla – Djemâa-Saharidj. À partir de là, sans savoir pourquoi, je me sentis en pays connu. La route montait entre les champs, les oliviers, les orangers, les eucalyptus ; toute cette nature, cette végétation, auxquelles je n’étais pourtant pas habitué, me semblaient familières. (…) Nous traversâmes Mekla, petit village mais centre administratif de la commune mixte, puis arrivâmes au but. »

Plus loin, à la page 23, il a décrit sommairement la partie centrale de ce village qu’est l’antique Bida Municipium ; voici ses propos : « Les magasins n’avaient rien de comparable à ceux auxquels j’étais habitué : installés au rez-de-chaussée d’une maison, ils occupaient une simple pièce ouvrant sur la rue, sans aucune devanture, parfois même sans fenêtre. La rue principale, prolongement de la route départementale, se terminait en cul-de-sac sur la place du village ; la « djemâa », entourée de bancs de pierre sur lesquels les vieux du village se regroupaient. »

À la même page 23, il a parlé un peu plus loin de l’arrivée de sa femme et de sa fille… Venus (à trois) d’Alger en bus et lorsqu’ils traversèrent la partie centrale de ce village qu’est Djemâa-Saharidj, il leur présenta l’endroit comme ceci : « L’avant-veille de la rentrée, j’allai à Alger attendre le bateau qui amenait ma femme et ma fille. (…) Nous prîmes le car pour Djemâa-Saharidj. Traversant le village, je fis les commentaires : « vous voyez, ici c’est la poste, l’épicerie, voilà le marchand de légumesà côté, le coiffeur et, en face, le café maure ». À l’air étonné de mes interlocutrices, je compris qu’elles se demandaient si je ne me moquais pas d’elles (comment concevoir un magasin sans une vitrine dans laquelle s’exposent les produits ?)… Dans les jours qui suivirent, elles apprirent à connaitre le village et s’y trouvèrent bien. »

photo-0302-300x201 Un directeur d'école exemplaire dans PERSONNALITÉSDans une missive, datée du 12 mars 2008, qu’il a adressée en réponse à une épître d’un ancien élève, originaire de Djemâa-Saharidj, lequel a fréquenté l’école primaire et le collège d’enseignement technique (CET) dont Maxime Picard assurait la direction, ce dernier s’est exprimé ainsi dans un passage de sa correspondance : « Chaque fois que l’un de vous m’écrit, je me retrouve dans ce village de Kabylie où j’ai connu de si grandes satisfactions professionnelles et humaines. La gratitude que vous manifestez envers vos enseignants me touche énormément. Mais cette gratitude est réciproque car vous avez tous montré non seulement votre désir d’apprendre et de réussir mais aussi votre respect envers ceux qui s’efforçaient de vous transmettre leur savoir. Quant aux Kabyles et, en particulier, les Saharidjiens, il m’ont marqué à un point que je les considère comme étant de ma famille. »             

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A   N   N   E   X   E   S

1 - img007-300x198Certes la nouvelle, donc celle ayant succédé à l’école d’Agouni Izemmouren et dont le petit bloc (celui aux salles de classes et cour surélevées) a été ouvert en 1934 tandis que le suivant (de niveau moins élevé que le précédent, disposant d’une grande cour et d’un bâtiment à deux étages avec salles de classes au premier et rez-de-chaussée conçu de telle façon qu’il puisse contenir les ateliers du cours complémentaire) à l’orée des années 1950 d’après ce qu’ont rapporté des sources dignes de foi.

2 - La rentrée des classes, à l’époque, se faisait le 1er octobre et non pas dans le courant du mois de septembre comme c’est le cas de nos jours.

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QUELQUES  PHOTOS  SOUVENIRS

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