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DJEMÂA-SAHARIDJ / Ce village aux quatre-vingt-dix-neuf sources que recèle la Kabylie du Djurdjura

Djemâa-Saharidj est, à plus d’un titre, un centre considérablement important. Important, d’abord, par son étendue et sa configuration : il groupe plusieurs hameaux disséminés dans la verdure des jardins et suffisamment rapprochés pour former un tout homogène. Important, encore, par son ancienneté : il est bâti sur les ruines de l’antique Bida des Romains. Important, il l’est, enfin et surtout, pour la place qu’on lui attribue dans l’histoire de la Kabylie au cours des siècles passés. 

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Une partie du mont Fiouan, paraissant au fond de cette portion d'agglomération qu'est Djemâa-Saharidj

C’est au pied de l’escarpement de Fiouan, le « Rocher aux corbeaux« , que Djemâa-Saharidj s’étale, avec indolence, au milieu d’arbres fruitiers de toute sorte que fertilisent de nombreuses sources lesquelles, jadis, il y en aurait eu quatre-vingt-dix-neuf. Si ce nombre parait quelque peu exagéré pour qu’il soit admis, il faut reconnaitre que c’est sous cet angle d’abondance d’eau que ce coin du Djurdjura fut béni parmi tant dans cette Berbérie plus connue sous le nom d’Afrique du Nord. Et les Romains, frappés par cette particularité, sautèrent sur le site pour en faire une ville devant jouer, en leur faveur, le rôle de fief. Un périmètre auquel il donneront le nom de Bida Municipium.

Djemâa-Saharidj conserva longtemps son cachet citadin à telle enseigne qu’on soignait sa tenue vestimentaire pour se rendre à son marché.

Y. Marmol, dans sa Description générale de l’Afrique, en 1573, a écrit : « Situé sur une pente de montagne, Djemâa-Saharidj est un village de cinq-cents feux, partagé en plusieurs quartiers, dans lequel se tient un grand marché le vendredi ».

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Fontaine dite "Tala Mezziyen", aprés sa rénovation

Ce marché se tenait sur une grande place, au sein de laquelle existe une fontaine dotée d’un grand bassin, servant d’ailleurs d’abreuvoir au bétail, et dite « Tala Mezziyen » (littéralement : La Petite Fontaine).

C’est de là qu’aurait découlé ce nom « Ldjemâa n Ssaridj » (Djemâa-Saharidj), donné au village et pouvant être interprété comme ceci : Le Vendredi (marché) du bassin.

Un marché qui finira par disparaitre puisque déplacé au centre voisin qu’est Mekla et cette place qui prendra désormais pour nom « Ssuq Aqdim (Le Vieux Marché).

L’autre particularité relative à Djemâa-Saharidj réside dans ces quartiers qui, bien que séparés, ne sont pas pour autant éloignés les uns des autres pour que l’unité topographique s’en détériore. Le village compte quatre quartiers principaux : El-Mahser, Madel, Tadekkart et Helaoua. Les deux premiers sont contigus. Quant aux deux autres, bien que séparés des premiers, ils le sont également entre eux et ces espaces qui en découlent font office de vergers et de jardins potagers qui verdoient aux quatre saisons.

Le colonel Robin, dans son Insurrection de la Grande Kabylie, en 1871, a écrit : « Djemâa-Saharidj, la Bida Colonia des Romains, est une grosse bourgade de 2.250 habitants, d’un charmant aspect, située au pied de montagnes abruptes. Des sources abondantes y coulent de toutes parts et arrosent de nombreux jardins d’une végétation luxuriante. C’est un fouillis d’oliviers, de figuiers, de pruniers, d’arbres fruitiers de toutes sortes, coupé par des haies de cactus ou d’autres clôtures.« 

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Mosquée dite de "Tala Moqren", photo prise en 1889

Cette description serait incomplète si l’on ne mentionnait pas les activités intellectuelles et artistiques du village.

L’activité intellectuelle a gravité longtemps autour de deux écoles coraniques, naguère encore réputées et fréquentées notamment par des étrangers à la région. Dans l’une, celle de Sidi Sahnoun, on enseignait la théologie ; dans l’autre, celle de Tala Meqren, on dispensait l’enseignement du droit musulman. Cette dernière aurait été, dit-on, édifiée par les Anges ; on rapporte, dans ce sens, que les ouvriers travaillaient à la chaux le jour et, la nuit tombée, les Anges les relayaient pour faire de cette substance un matériau pouvant être qualifié de ciment. D’où la formule encore employée dans les serments : A heq Ldjamaâ n Tala Meqren yerran ldjir d ssiman ! (Par la Mosquée de Tala Moqren qui transforma la chaux en ciment !).

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Le poète L'hadj Arezki Ouhouach, photo prise en novembre 1916

Concernant l’activité artistique, plusieurs poètes apparurent à partir de la deuxième moitié du 19e siècle et, parmi ceux-ci, le doyen L’hadj Arezki Ouhouach, né en 1838 et décédé en août 1927. Pour ceux qui le rejoignirent par la suite, citons : Hand Oukhebbouch, né en 1855 et décédé le 2 février 1943 ; Si L’Hocine n Charfa, né en 1867 (sa date de décès n’a pas été retrouvée) ; Meziane Ouahmadouch, né en 1873 (date de décès non retrouvée) ; Si L’hadj Mohand Saïd Ourahmoun (dates de naissance et de décès non retrouvées) et Si L’Hocine Oussahnoun (dates de naissance et de décès par retrouvées non plus).   

Ne clôturons pas cet article sans ajouter ces considérables témoignages que nous livrent successivement Jaques Martin et Maxime Picard, deux personnes étrangères à la région, qui ont connu l’antique Bida Municipium pour y avoir vécu dans le patelin.

Pour le premier, Jacques Martin, un missionnaire, dans Djemâa-Saharidj au cours des siècles, du Fichier de documentation berbère, rendu public en 1971, il a été relevé ces trois points importants :

« Djemâa-Saharidj est la patrie du cheikh Muâti Al Zawawi (1168 – 1231), un grammairien de la langue arabe, émigré à Damas puis au Caire, auteur d’un poème de mille vers sur la grammaire arabe« .

« Il y a peu d’années encore, on pouvait voir sur la place de Djemâa-Saharidj, au pied d’un énorme frêne plus que centenaire, deux grosses pierres romaines, l’une sur l’autre mais non cimentées. Elles ne portaient aucune inscription et, cependant, elles étaient là debout comme pour témoigner d’un évènement passé. Elles commémoraient, en effet, la décision prise par l’assemblée des marabouts de la confédération des Aït-Iraten, qui se tint vers 1737…« .                                                     

« Les habitants de Djemâa-Saharidj sont connus pour leur affabilité, leurs manières polies, civilisées…« .

Quant à Maxime Picard, cet ancien instituteur ayant exercé à l’école primaire de garçons de Djemâa-Saharidj avant de se voir nommé à la tête de cette même structure et prendre, peu après, la direction du CET (Collège d’enseignement technique), quelque chose qu’il initia lui même en remplacement du CCEP (Cours complémentaire d’enseignement professionnel) qui existait auparavant, dans Chez moi en Kabylie, cet ouvrage autobiographique qu’il a publié en 2006, a écrit ceci en page 18 : « (…) Je fus très agréablement surpris quand, au cours des vacances d’été, je reçus mon affectation dans une école importante que je n’avais même pas osé inscrire sur ma liste (…) et qui était située dans un gros village kabyle d’environ cinq mille habitants : Djemâa-Saharidj« .

Plus loin, aux pages 19 et 20, il a parlé de sa visite relative à cette même école où on l’a affecté ; ce fut, pour ainsi dire, une exploration des lieux avant qu’il ne rejoigne son poste de travail et, pour la circonstance, ce sera un ami à lui qui l’y amènera à l’aide de sa 2CV, cette bagnole de marque Citroën, très prisée dans le temps pour sa suspension parfaite et son économie de carburant même si, néanmoins, le véhicule n’est pas du tout un champion de la vitesse comparativement à certaines autres autos de l’époque ; ladite visite, pour revenir à elle, eut lieu en date du 25 septembre de l’année 1955 (la rentrée des classes, à l’époque, se faisait le 1er octobre et non pas dans le courant du mois de septembre comme c’est le cas de nos jours) ; il a narré ce voyage de début d’automne, en direction de cette Kabylie du Djurdjura où il vécut treize années consécutives (onze à Djemâa-Saharidj, de 1955 à 1966 et deux à Tizi-Ouzou, de 1966 à 1968, où il prendra la direction du CNET avant qu’il ne quitte définitivement l’Algérie) et a décrit la dernière étape du périple comme ceci : « (…) Nous primes la direction d’Azazga et bifurquâmes à la pancarte indiquant : Mekla – Djemâa-Saharidj. À partir de là, sans savoir pourquoi, je me sentis en pays connu. La route montait entre les champs, les oliviers, les orangers, les figuiers, les eucalyptus ; toute cette nature, cette végétation, auxquelles je n’étais pourtant pas habitué, me semblaient familières, (…). Nous traversâmes Mekla, petit village mais centre administratif de la commune mixte, puis arrivâmes au but« .

Plus loin encore, à la page 23, il a décrit sommairement la partie centrale de ce village qu’est l’antique Bida Municipium ; voici ses propos : « Les magasins n’avaient rien de comparable à ceux auxquels j’étais pourtant habitué : installés au rez-de- chaussée d’une maison, ils occupaient une simple pièce ouvrant sur la rue, sans aucune devanture, parfois même sans fenêtre. La rue principale, prolongement de la route départementale, se terminait en cul-de-sac sur la place du village, la « djemâa », entourée de bancs de pierre sur lesquels les vieux du village se regroupaient« .

À la même page 23, il a parlé un peu plus loin de l’arrivée de sa femme et de sa fille… Venus (à trois) d’Alger, en bus, et lorsqu’ils traversèrent la partie centrale de ce village qu’est Djemâa-Saharidj, ils leur fit une description du même site mais plus restreinte que celle qui précède ; il a écrit ceci : « L’avant-veille de la rentrée, j’allai à Alger attendre le bateau qui amenait ma femme et ma fille. (…) Nous prîmes le car pour Djemâa-Saharidj. Traversant le village, je fis les commentaires : « Vous voyez, ici c’est la poste, là l’épicerie, voilà le marchand de légumes, à côté le coiffeur et en face le café maure« . À l’air étonné de mes interlocutrices, je compris qu’elle se demandaient si je ne me moquais pas d’elles (comment concevoir un magasin sans une vitrine dans laquelle s’exposent les produits ?)… Dans les jours qui suivirent, elles apprirent à connaitre le village et s’y trouvèrent bien« .

Dans une missive, datée du 12 mars 2008, qu’il a adressée en réponse à une épître d’un ancien élève, originaire de Djemâa-Saharidj, lequel a fréquenté l’école primaire et le collège technique (CET) dont Maxime Picard assurait la direction, ce dernier s’est exprimé ainsi dans un passage de sa correspondance : « Chaque fois que l’un de vous m’écrit, je me retrouve dans ce village de Kabylie où j’ai connu de si grandes satisfactions professionnelles et humaines. La gratitude que vous manifestez envers vos enseignants me touche énormément. Mais cette gratitude est réciproque car vous avez tous montré non seulement votre désir d’apprendre et de réussir mais aussi votre respect envers ceux qui s’efforçaient de vous transmettre leur savoir. Quant aux Kabyles et, en particulier les Saharidjiens, ils m’ont marqué à un point que je les considère comme étant de ma famille« .

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Ruines d'un mur romain au lieudit Taqsebt à Djemâa-Saharidj

En guise de conclusion, disons que, de prime abord, il n’y a quasiment rien d’apparent à Djemâa-Saharidj en ce qui concerne cette époque liée à l’occupation romaine mais, si des fouilles venaient à s’effectuer, il est sûr voire certain que l’on pourrait être confronté à pas mal d’heureuses surprises.

Par ailleurs, est-ce que Bida aurait un lien avec ce jardin sis non loin de Djemâa-Saharidj et dit « Tibhirt n Iboudah » (Le Jardin des Iboudah) ?

Et ces Ibidah (l’état civil scinde cette grande famille en trois et donne pour patronyme : Bidi, Hallil et Yebda. Ce pendant que dans le langage kabyle nulle distinction n’existe, tous sont des Ibidah), une famille qui existe encore à Taourirt-Adène, un patelin de la tribu d’Ath-Fraoussen, seraient-ils liés à Bida ?

Tout ceci demeure énigmatique depuis des lustres. Il appartient, alors, aux spécialistes en onomastique, archéologie et anthropologie de s’en mêler pour faire toute la lumière sur ces situations ambiguës.

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19 avril, 2013 à 17:11 | Commentaires (0) | Permalien


L’algérie n’est pas « arabe », pour réfuter carrément ce qui est colporté depuis des lustres !

L'algérie n'est pas À la veille de la célébration du 20 Avril, 33e anniversaire du Printemps amazigh et simultanément 12e anniversaire du Printemps noir, il est jugé éminemment utile voire indispensable de rappeler à l’opinion publique nationale et internationale, y compris ce pouvoir mafieux issu de ce groupe de l’ouest qui s’est accaparé les rênes par la force au lendemain de l’indépendance identiquement à la façon dont a agi la France coloniale un certain 5 juillet 1830 quand elle a débarqué à Sidi-Ferruch, que l’Algérie n’est aucunement arabe mais bel et bien amazighe.

Ce n’est point par ce fait qu’il existe moult parlers en Algérie, des dialectes régionaux (comme cela existe partout dans le monde) et que beaucoup de populations s’expriment en arabe, que l’Algérie est forcément arabe ; l’Histoire de l’Afrique du Nord (territoire appelé d’ailleurs « Maghreb arabe« , suite à cette politique politicienne), plusieurs fois « millénaire », est là pour le prouver. Et ce n’est point par le biais d’une fetwa que quiconque peut ouvrir la bouche et se prononcer sur l’identité de l’Algérie pour dire qu’elle est arabo-musulmane. Il faut fouiner et se présenter à l’opinion avec des arguments convaincants et pas sur la base du « superficiel » et de la… « supercherie ».

Dans ce contexte, ce n’est pas parce que les Oulémas, en 1931, lors de la création de leur association à l’initiative d’Abdelhamid Ibn-Badis, ont déclaré que l’Algérie est arabo-musulmane qu’il faille prendre cela pour argent comptant et donc pour un repère inamovible. Sur quelle(s) base(s) se sont-ils appuyés pour prononcer leur sentence ?

Ce qui est encore le plus aberrant, c’est qu’au lendemain de l’indépendance, le président Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante (mais, pour rappel une fois de plus, ce n’est point de façon démocratique qu’il s’est retrouvé premier magistrat du pays mais bien par la force comme cela a d’ailleurs été le cas pour la quasi-totalité de ceux ayant été les locataires du palais d’El Mouradia après lui), lors de son (auto)investiture, a clamé à son auditoire :  »Nous sommes Arabes ! Nous sommes Arabes ! Nous sommes Arabes ! », par trois fois comme pour appuyer sa sentence lui aussi et en ayant pris le soin de joindre gestes à la parole. Cela ne nous étonne guère étant donné qu’il ait pris le pouvoir par la force comme on vient de le souligner… Et la France coloniale n’a-t-elle pas toujours clamé « L’Algérie française » à qui voulait l’entendre ? Et Ben Bella a agi exactement de la même manière que cet envahisseur que nous venons d’évoquer parce que se sachant fort et étant convaincu qu’il n’y aurait nulle opposition, quelque peu comme dans Le loup et l’agneau, cette fable de La Fontaine dans laquelle on retrouve cette expression extrêmement riche de sens : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Pour revenir au 33e anniversaire du Printemps amazigh coïncidant avec le 12e anniversaire du Printemps noir, tout ou presque a été dit dans un précédent article publié le 4 avril écoulé et intitulé : La question identitaire en Algérie…

mouloud-mammeri-2-150x133 L'Algérie n'est pas arabe dans ACTUALITÉ

Mouloud Mammeri

Mais nous rappellerons quand même ici un passage important compris dans ce texte ad hoc qui traite de la période comprise entre 1930 et 2013.

C’était à l’ère du parti unique, précisément pendant le règne de Chadli Bendjedid. À la mi-mars 1980 donc, c’est à partir d’une conférence, sur le thème Poésie kabyle ancienne, que devait donner Mouloud Mammeri à l’université Hasnaoua de Tizi-Ouzou et qu’avait contrecarrée Abdelhamid Sidi-Saïd, wali de Tizi-Ouzou à l’époque, que le feu fut mis aux poudres. Et c’est parce que le pouvoir, pareil à lui-même, ne cherchant jamais à régler les problèmes pacifiquement mais usant toujours de la force pour faire pression (comme c’est le cas d’ailleurs au jour d’aujourd’hui), que les choses se sont envenimées.                                                                                                                          

(chercher après l’article, se trouvant dans la catégorie POLITIQUE, et le lire dans son intégralité)

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18 avril, 2013 à 0:40 | Commentaires (0) | Permalien


LA TÉLÉVISION ALGÉRIENNE / Média au service du peuple ou au service du pouvoir ?

À comparer les télévisions étrangères, de service public, à la nôtre, l’Unique, comme appelée communément, on croirait fort que cette dernière est une véritable propriété privée de caciques ou autres groupuscules.

En effet, au lieu que cette institution se mette à l’entière disposition de la société, elle sert plutôt des intérêts tout à fait autres en se mettant entièrement et à plein temps à la disposition du pouvoir et de ses satellites de tout bord. 

Plus que cela, le principe de la pensée unique est ancré en son sein et cela est prouvé à travers moult cas mais, pour être brefs, nous nous contenterons des deux ci-dessous :

Le premier est que sur la demande du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), dans le courant de la deuxième moitié des années 1990, l’Unique, par le biais de son directeur général, Hamraoui Habib Chawki (HHC), s’est soi-disant montrée prête à accorder deux heures par jour à la diffusion de programmes variés en langue amazighe pour que peu après elle se rétracte en avançant au président de la structure, Mohand Ou-Idir Aït-Amrane en l’occurrence, l’alibi fragrant d’absence de producteurs. C’est là, sans conteste, une façon de tuer l’embryon dans l’œuf et de provoquer ainsi l’avortement du projet avant même qu’il ne mûrisse et connaisse un début de concrétisation.

Le second va traiter de l’émission bimensuelle D’une rive à l’autre, en langue française, de Salim Sadoun, animateur à la Chaîne III de l’ENRS. Cette émission, née très certainement dans la douleur un certain 18 mars de l’année 2000, à la clinique d’accouchement de l’ENTV, finira, comme par enchantement, par disparaître du petit écran dès le début de la saison 2000-2001. Il s’avérera, hélas, que ladite émission n’a connu qu’un retrait volontaire de la grille de l’Unique et ce nonobstant le poids de son apport pour le téléspectateur et certes ce fait qu’elle soit attractive et qu’elle ait un audimat de taille. Tout ce gâchis, et on n’a nullement besoin d’être sorbonnard à l’effet de pouvoir élucider le mystère, pour le seul et unique tort qu’elle soit présentée dans la langue de Balzac et de Hugo.

Dans le même ordre d’idées, nous évoquerons également un cas semblable, des années de plomb : l’émission d’Ahmed Bedjaoui, intitulée : Télé ciné-club, laquelle a connu le même sort et certes pour des raisons tout à fait identiques. D’ailleurs, on a fini par arabiser cette émission en imposant à Ahmed Bedjaoui de s’exprimer dans la langue usitée dans les pays du Golfe. Ce qui, sans conteste, n’a pas marché trop longtemps puisque l’émission a fini rapidement par disparaitre du petit écran elle aussi. Et là, il est certain que l’animateur, un chevronné de l’art cinématographique, n’ait pas pu faire son travail aisément, d’une part parce qu’ayant fréquenté l’école française et donc lettré dans la langue de Voltaire, d’autre part, parce que le débat ne pouvait pas tourner en arabe par ce fait qu’il y ait des termes techniques qui n’existent pas dans cette langue. Il est vraisemblable que des téléspectateurs, fidèles à cette émission, n’aient pas apprécié ce changement imposé et ce juste pour le plaisir que l’expression se fasse en arabe et pas en français

Ce qui tape encore le plus aux yeux, c’est qu’à travers toutes les chaînes dont dispose la Télévision algérienne, c’est quasiment les mêmes images qui défilent H24 : activité présidentielle et gouvernementale, débats à sens unique puisqu’on ne fait jamais appel à qui va apporter un son de cloche contraire et ce afin de s’aligner sur ce principe de la pensée unique et de ne point contrecarrer ce qui est concocté en haut lieu. En somme, il est inutile de sortir d’Oxford ou de Saint-Cyr pour deviner que la Télévision algérienne n’est pas celle du peuple mais précisément un… moyen de propagande pour le pouvoir.

Rien n’épate en tout cas quand on sait que les populations, dans leur quasi-totalité, boudent l’Unique et suivent les programmes des télévisions étrangères parce que trouvés plus consistants, à l’information crédible et, cela va de soi, plus instructifs et certes plus… attractifs.

Nonobstant cette réalité avilissante, l’Unique persiste et signe. Elle opte pour demeurer infaillible aux principes qu’elle s’est assignés depuis la nuit des temps et ce en foulant aux pieds le pauvre citoyen algérien alors que c’est pourtant lui et lui seul qui maintient debout ce média lourd par le biais de cette contribution trimestrielle régulière, qu’il verse indirectement au Trésor public par le truchement de la facture d’électricité et du gaz.

Alors, que les choses soient claires ! Et dans ce contexte nous demandons à ce pouvoir de nous dire si la Télévision algérienne est à notre service, nous citoyens lambda, ou alors à son service lui-même ! Dans le deuxième cas, qu’attend-il donc encore pour ouvrir le champ audiovisuel au privé ? Quand allons-nous sortir enfin de ce cachot dans lequel nous nous trouvons depuis l’indépendance ? CINQUANTE ANS BARAKAT, ça suffit amplement !!!

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16 avril, 2013 à 4:10 | Commentaires (1) | Permalien


ALGÉRIE / Cette liberté d’expression bafouée et ce pouvoir décrié, tenant coûte que coûte à… s’éterniser

Le présent article fait quelque peu le prolongement à celui publié le 23 mars écoulé et qui s’intitule : Fenêtre sur cette Algérie accaparée : le peuple algérien otage du groupe de l’ouest.

Donc, pour poursuivre, il y a lieu de dire que parmi les mille et une conséquences graves de cet enfermement du peuple algérien en vase clos et du silence qu’on lui a constamment imposé en n’oubliant surtout pas ces intimidations qui sont légion, en un mot cette dictature pour appeler chaque chose par son nom (voir l’article référencié ci-dessus), l’ouvrage qui devait normalement être sur les étals des librairies dans le courant de l’année 2010, a vu sa publication différée. Les motifs ? L’éditeur, après quelques atermoiements, a fini par cracher le morceau en signifiant que s’il faisait paraître le bouquin ceci pourrait lui coûter cher parce que, en plus de la fermeture de son entreprise, que cela serait susceptible d’engendrer, il y aurait les tracasseries préalables de la police avant les poursuites judiciaires et tout ceci… en raison du thème qu’il développe. Ce qui fut compris tout de suite car sachant que la liberté d’expression chez nous, pourtant figurant bel et bien dans la loi fondamentale du pays, est éminemment… bafouée par nos gouvernants et ce depuis un demi-siècle. De là, ne voyant nulle autre alternative que celle de réinsérer l’écrit dans le flash-disc et d’attendre des jours meilleurs, certes ceux de déceler une maison d’édition qui prendrait le risque de publier le travail ou, qui sait, peut-être l’avènement d’un nouveau système en Algérie, qui appliquerait la démocratie et la véritable (contrairement à celle de façade, connue depuis l’indépendance du pays), où l’on verrait, cela va de soi, le bannissement pur et simple de ces moult balises, dressées au lendemain du 5 ALGÉRIE / Cette liberté d'expression bafouée et ce pouvoir décrié, tenant coûte que coûte à... s'éterniser dans POLITIQUE emeutes-de-janvier-20111Juillet 1962, dont ce musellement évoqué plus haut.

En revanche, il y a lieu de s’estimer heureux de ce contretemps car il faut avouer que sans ce concours de circonstances il n’aurait pas été possible de reprendre le document pour l’enrichir en y introduisant ce qui s’est produit dans notre pays au début de l’année 2011 où la révolte menée par les jeunes est survenue au milieu de celle connue par la Tunisie et laquelle s’est d’ailleurs soldée par la chute du dictateur Zine El zine-el-abidine-ben-ali1-150x87 Quand règnent tyrannie et oppression /// dans POLITIQUEAbidine Ben Ali et du régime qu’il incarnait. Et, tel un effet de contagion, l’Egypte s’est vue, à son tour, gagnée par une insurrection dans la même période et, juste un mois après que Zinochet (un sobriquet sur mesure, que les Tunisiens ont trouvé pour surnommer leur président vomi ; ici l’allusion est faite à Pinochet  – Ugarte ou Augusto -, ce général et homme politique chilien, qui renversa le président Salvador Allende avant de l’envoyer ad patres et s’emparer du pouvoir qu’il prendra jusqu’à 1990 en y instaurant un régime dictatorial), cet homme puissant et impossible à détrôner qu’il se considérait être, finit par se décoller (et en catimini) du fauteuil présidentiel qu’il occupait depuis 1987 à la suite d’un coup d’état médical qu’il fomenta à hosni-moubarak1-150x99l’encontre de Habib Bourguiba (Ben Ali était Chef du gouvernement à l’époque), eut pris la fuite comme un couard afin d’aller se nicher dans la capitale saoudienne, car tout à fait conscient de son règne totalitaire, de ses passe-droits et des grosses fortunes que lui et ses proches ont amassées sur le dos du peuple tunisien, Hosni Moubarak ne résista pas lui aussi à ce vent furieux soufflant sur les régimes tyranniques ; en conséquence et, à l’image de son homologue, il fut emporté comme une feuille morte, appelée à atterrir nul ne sait où, peut-être dans un marécage si ce n’est un dépotoir.

Et la vague de protestations suit son cours ; il est vraisemblable que c’est une épidémie qui va se propager pour atteindre tous les régimes dictatoriaux ; elle a touché, à leur tour, des contrées du sud de l’Arabie et certaines de l’Asie occidentale. La kadafi-150x99Libye, où Mouammar El-Kaddafi était à la tête du pays depuis le 1er septembre 1969 (à la suite d’un coup d’Etat, dans lequel il fut le principal instigateur  – il n’était pourtant qu’un petit officier de l’armée -, situation qui coûta le renversement au roi Idris 1er), donc depuis bien plus de quarante ans, n’est également pas oublié par l’ouragan. Il faut rappeler, dans le même contexte, que la Mauritanie et le royaume chérifien, ces pays d’Afrique du Nord tout comme l’Egypte, la Tunisie, la Libye et l’Algérie, ne sont pas demeurés en reste puisque des échauffourées, dans l’un et des rassemblements dans l’autre pays, sont apparus et à travers lesquelles manifestations, les citoyens réclament partout la liberté et la justice sociale.

De tels évènements, ayant pour source les abus d’autorité et l’arbitraire de ces pseudo-géants, où l’on observe que l’un après l’autre tombent sous le coup de la colère de la rue, deux proverbes sont à évoquer dans ce contexte ; le premier : Qui sème le vent récolte la tempête ; le second : Comme on fait son lit on se couche. Cela illustre parfaitement la situation qui prévaut depuis le dernier mois de l’année 2010 dans cette partie du globe.

« Notre pays ne pourra guère être touché par des évènements similaires à ceux qui se produisent successivement dans mourad-medelci-150x99les pays voisins depuis le mois de décembre 2010 car chez nous tout fonctionne comme il se doit, ce d’une part, et rien ne manque, ce d’autre part ! Pourquoi donc les gens sortiraient-ils dans la rue ? Manifester pour demander quoi ? » C’est par ces termes que Mourad Medelci, notre ministre des Affaires étrangères, a répondu à l’une des questions qui lui ont été posées par le journal espagnol El Pais, le 20 février 2011, des propos rapportés par la Radio algérienne et la presse écrite. Selon notre chef de la diplomatie, par conséquent, l’étranger verrait l’Algérie comme étant le paradis sur terre ; d’après la merveilleuse image que leur a fournie notre ministre, il ne manquerait alors plus aux autres nations que de l’envier. Mais missoum-sbih-109x150pour qui donc prend-il les gens ? Pour des dupes ? Peut-être même pour des sourds et aveugles simultanément, comme ce gouvernement (dans lequel il était membre dans le temps) à l’égard de ses administrés ? Cela prête vraiment à rire et il y a même de quoi rire aux éclats quand de tels propos s’invitent à nos oreilles et font vibrer nos tympans ! Qui croirait donc un seul mot à ce que raconte Medelci ? Un discours parfaitement mensonger ! À l’entendre, on ne devrait nullement s’étonner des propos, à peu prés similaires, tenus par quelqu’un qui active sous sa coupe, Missoum Sbih, notre ambassadeur à Paris, le 24 janvier 2011, à la radio RTL.

Pour sa part, Daho Ould Kablia (DOK, comme appelé dans le jargon journalistique), notre ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, au cours d’une interview qu’il a accordée à France 24, une information rapportée daho-ould-kabliaégalement par la Radio algérienne et certains titres de la presse écrite, a répondu ainsi à l’une des questions qui lui ont été posées : « La levée de l’état d’urgence n’est pas intervenue à la suie des turbulences apparues dans le pays ni même aux demandes formulées par l’opposition, c’est quelque chose à quoi nous avons pensé depuis belle lurette déjà et que nous avons fini par concrétiser. Quant aux marches et rassemblements dans la capitale, ils demeurent toujours interdits et ce par mesure de sécurité contre le terrorisme ». Tout comme son collègue ministre des Affaires étrangères, Ould Kablia met un voile sur ce qui en est au juste ! Nul ne peut cacher le soleil avec un tamis et ce n’est un secret pour personne que s’il y avait levée de l’état d’urgence au moment où cela a été fait, après tout le silence dans lequel le gouvernement s’est confiné et la sourde oreille qu’il n’a de cesse réservée à l’opposition, c’est sans conteste parce que les tenants du pouvoir avaient la trouille bleue, ce d’une part et, de l’autre, suite à l’éveil des partis de l’opposition et de la société civile laquelle se structurait en comités ad hoc, sans pourpalais-du-gouvernement-21-150x112 autant omettre ces pressions émanant de certaines nations tout comme de la part d’ONG ; quant aux marches et rassemblements dans la capitale nonobstant cette levée de l’état d’urgence, situation qu’on mettait autrefois en avant pour qu’elle serve d’alibi, soi-disant par mesure de sécurité, il n’est point utile de sortir d’Oxford ou de Saint-Cyr à l’effet de comprendre que rien, absolument rien, n’a empêché les terroristes de placer des voitures piégées à proximité des sièges… d’institutions officielles comme le Palais du gouvernement et la représentation de l’Organisation des Nations Unies, où la horde islamiste eut toute la latitude d’agir pour concrétiser son projet. Qu’a-t-on donc fait pour prévenir et éviter de tels actes ? Quelle sécurité y avait-il puisque, soi-disant, on n’arrêtait point et on n’arrête toujours pas d’évoquer de telles mesures qu’on annonce à tout bout de champ comme passant en priorité parmi les priorités ? Pour ce qui est des marches et autres rassemblement, à présent, si on continuait de les interdire à Alger et seulement à Alger, certes capitale mais aussi et surtout il ne faut guère perdre de vue qu’il s’agit là du fief de la nomenklatura d’où, le but principal recherché à travers ladite interdiction, ce n’est alors point cette mesure de sécurité pour protéger le citoyen, comme on n’arrête pas de le clamer sur tous les toits afin de tenter une énième duperie mais plutôt par souci de se prémunir soi-même d’un danger imminent ; il y a, cela va de soi, cette peur des foules et bien sûr cette crainte que ceux-là mêmes ayant pris le pouvoir par la force au lendemain de l’indépendance et ayant mené le pays à la dérive soient délogés par les manifestants et mis « out » à l’image de ce qui s’est produit en Tunisie d’abord et en Egypte ensuite… dans l’attente des prochaines « exclusions » que décideront les peuples, car il faut bien se mettre dans le crâne que la « souveraineté » revient à ceux-ci et à eux seuls ! À présent, à Medelci et Ould Kablia (sans pour autant omettre Sbih, notre représentant dans le pays des tristement célèbres Maurice Papon et général Massu) de passer d’autres nuits blanches à s’efforcer de pondre le contraire pour le communiquer en urgence à l’opinion publique par médias interposés !

Pour revenir à ces évènements de quoi nous parlions plus haut, il faut souligner qu’avec cette prise de conscience de ces peuples opprimés, il y a comme une refonte qui se dessine à l’horizon, sur les territoires touchés pas l’arbitraire et les abus de pouvoir de ces leaders autoproclamés, dépourvus d’âme et capables de génocide pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte.

Cela a été prouvé par El-Kaddafi, guide de la Révolution libyenne, qui s’est démasqué vis-à-vis du monde en montrant qu’il n’est pas seulement un « tyran » mais aussi un « sanguinaire » en ne s’étant point contenté d’avoir fait appel à des « mercenaires » qu’il a gavés de dollars et qu’il a armés grandement pour qu’ils massacrent, sans se retenir, tous ceux bachar-al-assads’opposant à sa politique désastreuse et dévastatrice et revendiquant son départ, est allé jusqu’à faire usage d’artillerie lourde et d’aviation de guerre à l’encontre de son peuple, est édifiant ; il a fait un véritable carnage, quelque chose de comparable voire plus à ce qu’à fait Israël à Ghaza, en Palestine.

 Un autre, Bachar Al Assad, le président syrien, est en train de suivre scrupuleusement l’exemple d’El-Kaddafi en ayant ce soutien de la Russie. Il est vraisemblable qu’il va finir comme lui car on dit bien que « Qui use de l’épée périra par l’épée ! »chadli-bendjedid2

Dans ce registre de l’ignominie, puisque l’histoire ne pardonne guère, on doit nécessairement inclure Chadli Bendjedid, en Algérie, d’abord pour ces manifestations qu’ils a réprimées dans le sang à Tizi-Ouzou, au printemps 1980, ce d’une part ; de l’aautre, ce qu’il a fait lors de l’insurrection d’Octobre 1988, quand il a ordonné qu’on sorte les chars afin, soi-disant, d’endiguer le flot de manifestants au sein de la capitale mais il s’est avéré que des consignes eurent été données pour qu’on tire sur les foules.

Quelque chose de similaire s’est reproduit entre 2001 et 2004 en Kabylie, au printemps, comme nous le sommes boutef-casque1-126x150présentement ; c’était pendant le premier mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika : à cette époque, des gendarmes n’hésitaient point de tirer à balles réelles sur de jeunes manifestants sous prétexte de riposte alors que ces derniers n’avaient, au plus, que des cailloux dans leurs mains.

Ces despotes, pour appeler chaque chose par son nom, sont capables d’une extermination systématique de tous les opposants à leur politique. Ce qui importe pour eux ce n’est que le seul et unique fait de se maintenir au pouvoir et ce quitte à ce qu’il ne demeure qu’eux et leurs acolytes sur la terre déserte qu’ils engendreraient.

Pour notre part, qui sommes, depuis des lustres, sous le joug de… tyrans, il nous appartient par conséquent d’applaudir les chutes apparues et celles à venir de ces dictateurs et des régimes qu’ils incarnent.

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15 avril, 2013 à 3:43 | Commentaires (2) | Permalien


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