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ATH-FRAOUSSEN / Cet énième site panoramique de la Kabylie du Djurdjura

Dans son Histoire des Berbères, Ibn-Khaldoun, évoquant les Zouaoua qui, dit-il « habitent au milieu de précipices formés par des montagnes tellement élevées que la vue en est éblouie et tellement boisées qu’un voyageur ne saurait trouver son chemin.« , fait allusion aux deux tribus limitrophes que sont Ath-Fraoussen et Ath-Yirathen. Dans un autre volet de son ouvrage, il désigne distinctement sa cible et décrit l’endroit comme ceci : « Les Beni-Fraoussen occupent une montagne des plus difficiles à aborder et des plus faciles à défendre.                          

À ce flash d’Ibn-Khaldoun, greffons ce détail qui est que le site géographique d’Ath-Fraoussen est sis en bordure du Sébaou, sur les premiers contreforts du Djurdjura.

ATH-FRAOUSSEN / Cet énième site panoramique de la Kabylie du Djurdjura dans SITES img0064-150x100

La ville de Mekla, en 1889, à l’état embryonnaire

Ajoutons que ce territoire représente, à vrai dire, la commune de Mekla après le découpage administratif opéré au milieu de la décennie 1980.

Quant à l’origine de cette appellation qu’est « Mekla », ceci découlerait du premier débarqué sur le site et qui ne serait qu’un certain « MEKLA ». Ce dernier aurait accaparé des parcelles pour s’installer et assurer l’installation de ses semblables.

Ledit périmètre, acquis certes de façon « illégale », serait appelé alors « Terres de Mekla » avant que ce vocable ne devienne « Mekla » tout court. Dans ce contexte, il y a tout lieu de mettre en évidence ce fait que Mekla (patelin) fut une agglomération peuplée de colons européens en général et français en particulier. Selon une source bien imprégnée de la chose, ces colons seraient affectés, au fur et à mesure, à partir de Dellys (port de faible envergure et aire d’accueil des colons à envoyer de part et d’autre), site qui, d’après la même source, aurait été un poste de commandement chargé de gérer les affaires propres à une portion du nord du pays. 

La tribu d’Ath-Fraoussen, donc Mekla, est située à 27 kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. C’est un territoire d’une superficie de 64 km2, limité par Freha au nord, Azazga, Souama et Aït-Khellili à l’est, Aït-Yahia au sud et, enfin, Aït-Agouacha, Aït-Oumalou et Tizi-Rached à l’ouest. 

Cette même tribu qui, comme bien dit plus haut, forme la commune de Mekla, compte vingt-trois villages en son sein. Des hameaux existent également  ici et là sur le territoire. Le dernier recensement, donc celui opéré au milieu du premier semestre de l’année 2008, lui donne une population de 24.830 habitants (contre 25.478 en 1998, soit un écart de 648, en régression) dont 4.428 à Mekla-Centre, chef-lieu de commune, (contre 3.836 en 1998, soit un écart de 592, en progression) et 6.566 à Djemâa-Saharidj (contre 7.248 en 1998, soit un écart de 682, en régression). Précisons que Djemâa-Saharidj est le village le plus peuplé d’Ath-Fraoussen. Ajoutons à cela que même du point de vue superficie, l’étendue de l’antique Bida Municipium est nettement plus importante que celle des autres patelins de la contrée. 

La localité de Mekla, ou Ath-Fraoussen, au relief montagneux et accidenté, n’offre quasiment la possibilité pour le travail de la terre qu’à Chaouffa, une immense plaine au sud de l’oued Sébaou, qui s’étale tel un tapis vert de la frontière est à la frontière ouest de la commune. Les quelques autres terres arables se situent en contre-haut de l’oued Rabta, sur le prolongement de sa rive est.

Concernant le secteur industriel, Mekla, ou la tribu d’Ath-Fraoussen, ne compte que quelques entreprises privées dont celles de textile et autre cuir. Pour ce qui est de l’artisanat, le meuble sculpté et la vannerie fine de Djemâa-Saharidj ainsi que la grosse vannerie de quelques villages sis en contre-haut de Mesloub, constituent les principales activités du secteur pendant que le tissage de tentures et burnous s’estompe avec cette relève qui, progressivement, fait défaut.

img0042-150x100 Découverte d'un milieu /// dans SITES

Marché de Mekla, avant la Seconde Guerre mondiale

La tribu d’Ath-Fraoussen dispose de deux polycliniques, l’une à Djemâa-Saharidj, depuis 1988, succédant au dispensaire hérité des Sœurs blanches, l’autre à Mekla-Centre, depuis peu, succédant au centre de santé qui existait auparavant. Sur la périphérie, il existe deux unités de soins dont une à Taourirt-Adène et une autre à Tizi n Terga. 

Dans le secteur de l’éducation, la tribu d’Ath-Fraoussen, ou commune de Mekla, compte quinze écoles primaires dont deux à Mekla-Centre et deux à Djemâa-Saharidj et les onze autres réparties entre les vingt-et-un villages restants ; concernant le cycle moyen, quatre collèges existent dont un à Mekla-Centre, un autre à Tizi n Terga et deux à Djemâa-Saharidj ;  pour ce qui est de l’enseignement secondaire, enfin, la tribu d’Ath-Fraoussen dispose d’un technicum à Mekla-Centre et de deux lycées à Djemâa-Saharidj.

En ce qui concerne la formation professionnelle, le centre qui existait depuis le début des années 1950 (certaines sources disent que c’est peu après la Seconde Guerre mondiale), ouvert par les Pères blancs, dans l’enceinte même de la propriété qui était la leur à Djemâa-Saharidj, fut rattaché au CFPA de Oued-Aïssi (établissement situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Djemâa-Saharidj et à la moitié de ce trajet à l’est de la capitale du Djurdjura) au milieu de la décennie 1970, avec le départ de ces religieux ; il connut, enfin, l’autonomie à l’orée des années 1980. Ajoutons à cela que, de nos jours, avec les techniques nouvelles de ce monde qui avance à pas de géant, donc ces spécialités modernes qui s’imposent au secteur, la tâche devient difficile pour les gestionnaires de cet établissement qui, avec la vétusté et l’exiguïté de l’infrastructure, trouvent du mal à concrétiser certains projets qui, pourtant, s’avèrent inéluctables.

À propos des infrastructures sportives, soulignons que, sur un plan d’ensemble, seul le stade municipal, butin de la guerre pour davantage de précision, permet à la masse juvénile de se défouler puisque d’aires de jeux mieux vaut taire ces rares étendues conjoncturelles, aménagées à la hâte pour combler quelque peu un vide flagrant qui s’est déclaré en la matière ; elles ont donc été réalisées de façon bâclée et, par conséquent, n’offrant guère les commodités attendues d’où s’avérant, pour ainsi dire, inadéquates quant à ce qui touche à la pratique du sport. S’agissant du mini-complexe sportif de proximité, enfin, on a beau regarder de part et d’autre mais rien ne vient, hélas, crever les yeux.

Par ailleurs, deux maisons de jeunes existent : l’une à Mekla-Centre, construite au milieu de la décennie 1970, succédant au FAJ (Foyer d’animation de la jeunesse), puis démolie dix années plus tard pour qu’elle soit reconstruite avec une autre architecture ; elle n’a rouvert ses portes au public juvénile qu’en 1995. L’autre à Djemâa-Saharidj, construite à l’orée des années 1980 (ouverte en 1986 ; précisons qu’au départ le projet consistait en un centre culturel) à l’extrémité nord-est de ce vaste patelin et presque jetée dans l’oued puisqu’implantée à quelques dizaines de mètre à peine en contre-haut du ravin Bouhlou. Ce qui signifie amplement : éloigner au grand maximum la culture « honnie » au point de la rendre, dans le cas présent, voisine du fief de ces amphibiens que sont les grenouilles et les crapauds pour que leurs coassements délétères s’intègrent aux fabuleuses mélodies et faussent toutes ces partitions qui font rêver et offrent la joie de vivre à cette jeunesse qu’on ne cesse, malheureusement, d’écœurer voire de… déraciner.

Pour ce qui est de la culture, d’autant que le thème vient d’être abordé en partie avec l’évocation de ces maisons de jeunes, il faut mettre en exergue ici que c’est le parent pauvre dans la localité depuis bientôt cinquante ans : pas de comité communal des fêtes, ce d’une part ; pas de centre culturel ni de salle de spectacles, ce d’autre part… Pis encore : même la salle des fêtes, héritée pourtant du dernier colonisateur tout comme le stade municipal, fut offerte sur un plateau d’or à l’ex-Sn Sempac (Société nationale, chargée de l’exploitation des minoteries et de la commercialisation de produits céréaliers) dans les premières années de la décennie 1980, par le bloc « indissoluble » et « coriace« , formé du maire et du chef de la kasma du parti unique, pour que ladite entité économique transforme l’espace de divertissements en… fabrique de couscous et l’exploite, certes, à son profit et aux frais de la princesse pendant que les masses populaires que le parti-État faisait rêver de bien-être, sont carrément et sciemment privées de cet autre avantage offrant la joie de vivre. Aussi, c’est le vide criant et le silence absolu tout au long de l’année y compris le mois sacré et ce jusqu’à nos jours malheureusement ! La culture est-elle renvoyée aux calendes grecques dans cette localité, compte tenu d’un tel constat alarmant ? Il faut avouer qu’avec la situation décrite et laquelle prévaut depuis un demi-siècle, tout porte à le croire !

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Esplanade de la mairie de Mekla, avant la Seconde Guerre mondiale (les filles Alphand sur la plate-forme)

Nous disions plus haut que Mekla-Centre était une agglomération peuplée de colons européens en général et français en particulier. Conséquemment à cela, était érigée une église, un édifice implanté en plein cœur de cette petite ville coquette (qu’elle fut à l’époque) qui n’était, dans le temps, que Ldjemâa n wadda (signifiant Djemâa du bas, comparativement à Ldjemâa oufella qui veut dire Djemâa du haut et qui n’est autre que Djemâa-Saharidj) ou encore Lbiladj (découlant du mot français : village), vocable qui était d’ailleurs le plus usité dans le temps. Vers le milieu des années 1990, cet édifice religieux non musulman fut annexé à la mosquée qui lui est attenante pour ne pas dire carrément faisant mur à mur l’une et l’autre (cette mosquée fut érigée dans la deuxième moitié des années 1950, par le sénateur-maire, qui voulut qu’elle soit voisine voire étroitement liée à l’église, façon de rapprocher autant que possible les deux confessions ; comprendre par là, certes, une philosophie qui a pour sens d’harmoniser les communautés musulmane et chrétienne), après qu’il eut servi pendant quelque deux décennies d’aire de stockage de matériaux de construction et autre outillage au profit de la municipalité. Depuis, ne subsiste par conséquent nulle trace de cette église.

Comble de la bêtise ! Pourquoi ne pas avoir gardé l’édifice et s’en servir tel quel pour en faire un musée par exemple où seraient non pas seulement exposés mais surtout sauvegardés les reste de l’antique Bida Municipium ou, à tout le moins, utiliser l’espace pour en faire une bibliothèque municipale qui serait dotée de salle(s) de lecture ? On aurait pu faire deux coups d’une seule pierre : utiliser l’espace dans un cadre culturel (une particularité faisant défaut justement et… malheureusement) et gagner l’édifice dans son état initial et intégral, afin qu’il puisse jouer le rôle de vestige sur ce qui est lié à la colonisation française. Mais voilà qu’en fin de compte on se heurte hélas à cette constatation amère, exposant au grand jour ce zèle ayant pesé excessivement sur les responsables qui se sont succédés à la tête de la commune de Mekla jusqu’au 5 Octobre 1988, date historique ayant été à l’origine du multipartisme en Algérie… Excès de zèle qui fait certes que cette autorité locale prive incontestablement les générations futures d’une preuve irréfutable sur l’occupation de leur localité par des colons français.

Dans cet ordre d’idées, il faut bien mettre en évidence, justement, le fait qu’à Ath-Fraoussen il y a, ne cachons pas le soleil avec un tamis, des gens hostiles à tout ce qui a trait à l’archéologie. De l’ère coloniale française, ces super-citoyens déclarent sans vergogne, à qui veut bien leur tendre l’oreille, ne désirer voir même pas la moindre trace. Dans une conjoncture telle que celle qui se présente, le souhait le plus fort serait que l’histoire relative à la guerre d’indépendance (1954 -1962), avec sa somme de faits troublants, empreints à jamais dans la mémoire de moult modestes citoyens et de tant de malheureux mutilés, se métamorphosent juste le temps de faire subir un test à ces gens qui prétendent publiquement avoir horreur des Français ; donc, que tous ces évènements marquants, leurs séquelles, leurs stigmates… se transforment en de l’énergie électrique et aillent se décharger sur ces énergumènes pour que l’on dévoile si vraiment ce qu’ils avancent est fondé. Sursauteraient-ils lorsqu’ils seraient foudroyés par toute cette charge de douleurs régulières qu’endurent leurs concitoyens sérieusement touchés intérieurement de même que meurtris dans leur chair ? À coup sûr c’est non car ils ne font que jouer la comédie ! Usant d’une manière astucieuse, de subterfuge, pour faire soi-disant montre de haine envers la France alors que réellement il n’en est absolument rien puisque, dans les coulisses, ils ne ménagent pas une seule occasion, infime soit-elle, ni aucun effort non plus, pour qu’ils soutirent le moindre avantage de cet ancien colonisateur qu’ils font semblant de mépriser, quitte à ce qu’ils lui fassent la flagornerie jour après jour puisque l’essentiel pour eux étant qu’il leur tende la main et leur accorde la possibilité de fouler son sol afin qu’ils y vivent côte-à-côte, en bon voisinage et dans un climat d’entente ne présentant même pas l’ombre d’une faille.

Après ce gâchis qui en est un où, hormis les mis en cause et des complices hypothétiques, nul n’est susceptible de contester une réalité aussi flagrante, il ne reste alors que d’espérer voire souhaiter qu’après ladite église évaporée en peu de temps, un projet né dans le bureau d’études desdits comédiens et lequel ne suscite qu’un vif sentiment de dégoût, a vu sa concrétisation avoir lieu grâce au bon vouloir et à la décision irrévocable que ces mêmes acteurs loufoques, engendrant ainsi et inévitablement un manque à gagner sur trois plans au moins, les guérites implantées aux deux angles opposés de l’ex-SAS, à Mekla-Centre, de même que le cimetière chrétien, ne connaissant point le même sort macabre.

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14 avril, 2013 à 3:37 | Commentaires (2) | Permalien


CHEIKH ARAB BOUYEZGARENE / Un des piliers de la chanson populaire kabyle

CHEIKH ARAB BOUYEZGARENE / Un des piliers de la chanson populaire kabyle dans CULTURE cheikh-arab-abouyezgaren-13Depuis son entrée dans le domaine de l’art, à la veille du déclenchement de la lutte de libération nationale, en enregistrant son premier disque 78 tours, l’hommage primitif qui sera rendu à Cheikh Aârab Abouyezgaren se fera par le biais de l’association d’activités de jeunes de la maison de jeunes de Djemâa-Saharidj, au milieu de la saison estivale 1998.

En effet, pendant trois jours de suite, du 12 au 14 août, cette AAJ honorera avec brillance l’auteur de la célèbre chanson  Ah anef-as anef-as place Pigalle tehkkem fellas…

Né à Djemâa-Saharidj, au cœur de la Kabylie du Djurdjura, Aârab Abouyezgaren (Mohamed Arab Bouzgarene, selon le registre de l’état-civil) viendra au monde au printemps de l’année 1917 et précisément le 27 du mois de mai.

Mohamed Arab vécut son enfance à Tadekkart, dans ce quartier sis au centre-nord de ce vaste patelin aux sources abondantes, baptisé Bida Municipium par la colonie romaine.

Tout petit, Mohamed Arab montrait déjà un certain penchant pour la mélodie puisque, bien souvent, il lui arrivait de fredonner des airs du terroir, entendus ici et là, particulièrement auprés des chorales féminines lors de soirées dansantes à l’occasion de mariage ou de circoncision.

Peu avant son départ pour l’exil, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Aârab Abouyezgaren sera sollicité par son oncle maternel, un marchand ambulant, pour qu’il aille à sa rescousse. Partant de là, l’enfant de Tadekkart se rendra souvent à Alger, en compagnie de ce parent versé dans le commerce, pour qu’ils écoulent ensemble leurs lots d’articles à travers certains marchés de la capitale.

Dans ce grand centre urbain, Aârab Abouyezgaren fera fortuitement la connaissance d’El Hadj M’Hamed El-Anka. Progressivement, il tissera un lien d’amitié avec l’auteur de A mmi âzizen et de Lahmam lli rabitou mcha âliya et aura ainsi l’occasion de puiser de lui une grosse somme de connaissances en matière artistique.

img_01103-300x225 Chanson de l'exil /// dans CULTUREEn 1946, Aârab Abouyezgaren s’envolera pour la France. Une fois sur ce sol étranger, le natif de l’antique Bida Municipium ressentira un dépaysement féroce et la séparation avec les êtres chers lui pèsera beaucoup. Il se mettra alors, pendant un certain temps, à la recherche de gens du bled auprès desquels il pourrait trouver réconfort. Ses randonnées lui permettront de faire entre autres rencontres celle d’artistes émigrés, tels que Cheikh El-Hasnaoui, Slimane Azem, Fatma-Zohra, Bahiya Farah… Ceux-ci deviendront vite ses compagnons et l’aideront, dans une première étape, à surmonter ses obstacles avant de lui tenir la main pour faire ses premiers pas dans la chanson. La toute première œuvre qu’aura à enregistrer Aârab Abouyezgaren sera Anef-as anef-as, avec l’accompagnement de Bahiya Farah au refrain ; dans cette chanson, le natif du village aux quatre-vingt-dix-neuf sources évoquera son départ pour l’autre rive de la Méditerranée et sa vie loin des siens.

Aârab Abouyezgaren chantera l’exil, la nostalgie, la mystique… Il aura à son actif (œuvres recensées) onze chansons : Anef-as anef-as, Akka ay ddous, Am’imezran, Fellak nebdou, Chiyaât-as ad-yas, Touwâar ddounit, Oul yejrah tassa touden, A yemma fek-iyi rekba, Yettawi-t tmaâ, Lwaqt ouâwij, Irouh irouh laâqel-is mechtouh. Huit seulement desdites œuvres, hélas, sont encore disponibles à la discothèque de la Radio algérienne.

Aârab Abouyezgaren décédera au mois d’avril de l’année 1988, à l’âge de 71 ans, loin de sa patrie. Il sera inhumé là-bas, sur le sol français, là où il vécut prés d’un demi-siècle.

Notre exilé adora fort l’art de la chanson. Son dernier vœu aux intimes présents à son chevet avant qu’il ne rende l’âme, sera d’être enterré avec son instrument de musique. Ce qui deviendra effectif pour qu’il soit permis au défunt de reposer en paix.

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11 avril, 2013 à 20:26 | Commentaires (0) | Permalien


Pour la Radio algérienne, ce 6 avril 2013 marque le début d’une campagne sur la protection de l’environnement

Pour la Radio algérienne, ce 6 avril 2013 marque le début d'une campagne sur la protection de l'environnement dans ACTUALITÉ conferencetizi-300x200Bonne et heureuse initiative que celle qu’a eue la Radio algérienne : une campagne de sensibilisation sur l’hygiène et la protection de l’environnement. Nous tenons, au passage, à féliciter ce média lourd et, à travers lui, le staff pour avoir eu cette idée géniale.

Mais nous tenons à préciser à nos confrères de la Radio nationale et ce dans le strict objectif de rappeler à chacun le rôle devant être le sien, que leur idée (pour rappel, louable et bienvenue) devait être avant tout celle de l’école et, dans ce contexte, ça devait être au ministère de l’Education nationale d’intégrer des séances sur le sujet dans les programmes d’enseignement, plus particulièrement du premier palier parce que l’apprentissage lié à un thème aussi important… s’effectue dès l’enfance.

Puisque la Radio nationale nous en offre l’occasion, disons-le tout haut et bien fort ! L’Algérie, du nord au sud et de l’est à l’ouest, hélas, est progressivement devenue une véritable poubelle à ciel ouvert. La capitale même, qu’on appelait autrefois « Alger la blanche« , a fini par connaître un ternissement avec ces ordures ménagères et ces saletés que l’on rencontre partout dans cette grande ville qui faisait la fierté des Algériens à une certaine époque.

En principe, c’est à l’APC (Assemblée populaire communale), cellule de base de l’Etat, que revient la mission d’entretenir l’environnement et de veiller rigoureusement et régulièrement à ce que tout endroit, sur l’étendue du territoire communal, soit propre. Une chose est sûre et il ne faudrait pas que l’on cache le soleil avec un tamis, nos élus à la municipalité sont, pour certains (afin de ne pas dire la plupart), mus par leurs propres intérêts quand ce n’est carrément pas la question de compétence qui joue des siennes ou encore cet excès de zèle à faire de la politique politicienne.

Il faut avouer que beaucoup d’APC négligent ce côté-ci et, pour exemple (c’est malheureux de le dire mais la vérité il faut la cracher quelle qu’elle soit), citons la commune de Tizi-Ouzou (précisément du temps de l’assemblée d’avant les élections locales du 29 novembre 2012) où, avec ces tas d’immondices, jonchant le sol et s’entassant jour après jour aussi bien sur les trottoirs que partout ailleurs, il a fallu l’intervention du wali en personne, après qu’il eut constaté la situation intenable et ce laisser-aller flagrant, pour que le problème soit réglé mais, hélas, pas pour longtemps puisque le même panorama ne suscitant que dégoût et désolation se voyait de nouveau et seulement quelques semaines plus tard.

Ces élus (ou, plutôt, cet exécutif), à l’époque où ils trônaient, au lieu de s’occuper de choses importantes, de chercher à régler les problèmes de leurs administrés, excellaient dans les prénoms amazighs qu’ils tenaient à tout prix à prohiber en prétextant leur référence à la nomenclature et ce pendant que dans d’autres communes ce problème n’existait aucunement ; de la pure politique politicienne pour nuire aux citoyens d’abord mais aussi et surtout se montrer vis-à-vis de leur tutelle partisane et prouver qu’ils appliquent à la lettre voire davantage les instructions. Cela ne doit guère nous épater par ce fait que ça émane d’élus du FLN, un parti politique bien connu pour être, depuis toujours, à l’encontre de tout ce qui touche à l’amazighité. Pour revenir, à présent, à ces élus du peuple cherchant à appliquer à la lettre les instructions de leur tutelle partisane, c’est là une preuve d’incompétence, parce qu’une fois élu, on rend compte aux citoyens (aux électeurs, pour être plus précis) et pas à la direction du parti auquel on adhère.

Sachons que la propreté de l’environnement est l’affaire de tous : les parents avant tout, qui doivent inculquer à leur progéniture les règles élémentaires du savoir-vivre dont ce côté hygiène et ce aussi bien au foyer qu’en dehors de la maison ; vient ensuite l’école, qui doit intégrer dans ses programmes des séances de morale, de savoir-vivre et même d’initiation à la prévention routière pour les protéger des accidents, au lieu de se limiter aux seules séances d’éducation religieuse (politique politicienne là aussi et la preuve est là : l’école algérienne, entre autres intégristes et robots qu’elle a formés, elle a aussi fait des enfants du peuple des « terroristes » et des « criminels« ) où on traumatise le gosse à force de lui parler de l’Enfer et des actions à mener tout au long de son existence pour pallier, dans l’Au-delà, ce châtiment effroyable qu’est la géhenne mais n’omettons pas également d’évoquer ce discours fallacieux sur la guerre sainte contre les athées, les communistes, ceux qui pratiquent une religion autre que musulmane…

campagne-de-la-radio-algerienne21-300x225 Hygiène et protection de l'environnement /// dans ACTUALITÉPrécisons, à juste titre, que l’école algérienne a, au fur et à mesure, été politisée et fanatisée avec cette intrusion d’intégristes et de fanatiques dans le secteur de l’enseignement. L’école algérienne est sinistrée comme l’a d’ailleurs si bien dit feu le président Boudiaf lors de son premier discours à la nation. Il faut bien avouer que l’école algérienne n’est plus ce qu’elle était au lendemain de l’indépendance ; progressivement et incontestablement elle a perdu de sa crédibilité.

L’Etat, pour sa part, doit fournir les moyens adéquats et suffisants pour assurer un suivi régulier. Dans ce contexte, pourquoi ne pas penser à créer, par exemple, une police spécifique à l’ hygiène (comme on a spécialisé une police pour le terrorisme et une autre pour le métro) et qui activerait au niveau des municipalités pour effectuer des rondes régulières à travers villes et villages, en ne négligeant nulle artère ou site isolé et verbaliser tout individu ou groupe ne se soumettant pas aux règles établies ? Ainsi, on serait gagnant sur deux plans : d’abord créer de l’emploi et ensuite s’assurer la propreté et la protection de l’environnement.

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7 avril, 2013 à 21:05 | Commentaires (0) | Permalien


LA QUESTION IDENTITAIRE EN ALGÉRIE / Crimes organisés et alliance délibérée avec la France coloniale, perfidie pour imposer et asseoir l’arabo-islamisme, un concept en totale inadéquation avec la véritable identité de l’Algérie

Bref historique sur l’identité de l’Afrique du Nord ou Berbérie

LA QUESTION IDENTITAIRE EN ALGÉRIE / Crimes organisés et alliance délibérée avec la France coloniale, perfidie pour imposer et asseoir l'arabo-islamisme, un concept en totale inadéquation avec la véritable identité de l'Algérie dans POLITIQUE amazigh11-150x150L‘Afrique du Nord ou Berbérie est ce vaste territoire, s’étalant de l’Egypte (à l’est) aux Canaries (à l’ouest) et couvrant plusieurs pays dont l’Algérie, la Libye, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la Tunisie, le Maroc, le Sahara occidental… C’est cela la Berbérie ou Tamazgha (terre des Imazighen que sont les Berbères) que les hommes politiques de l’ère contemporaine, représentant (légitimement ???…) les États de cette portion de continent, se sont donnés le mot et la latitude de nommer « El Maghrib el âarabi«  (Le Maghreb arabe).

Ce dont a découlé cette appellation d’ « Union du Maghreb arabe » (UMA), par ce collectif politique, donné à ce qu’il considère comme faisant sa cohésion alors que le Nord, le Centre et le Sud réunis, donc les États du continent, formaient en commun l’OUA (Organisation de l’unité africaine), devenue plus tard l’UA (Union africaine). N’est-ce alors pas ici, en filigrane, un renoncement délibéré à ses origines par ce fait de se calquer corps et âme à autrui ? Par quel(s) argument(s) peuvent-ils donc justifier leur position sibylline d’appartenance naturelle au continent africain en se confondant de façon simultanée et sans réserve à l’Arabie ?                                                                                                                                                      

Entre autres actes « délictueux » conséquents audit comportement saugrenu dont sont comptables ces pseudo-califes, il y a en particulier l’occultation de l’histoire « multimillénaire » des peuples amazighs (berbères) et la mise au rebut de leurs propres parlers et mœurs pour qu’ils leurs imposent sans lésiner ceux importés de cette péninsule de 3 millions de km2, sise à l’extrémité sud-ouest de l’Asie, ce continent voisin ! En termes clairs comme de l’eau de roche, il s’agit là de la confiscation pure et intransigeante de l’identité relative auxdites communautés ! Et, somme toute, cette junte (terme qui sied à merveille puisque caractérisant bel et bien un « abus d’autorité » ou, mieux encore, le « règne de l’arbitraire« ) a réussi quasiment (apportons la précision ici que certaines populations sont demeurées réfractaires au virus et, pour exemple, citons ces Kabyles, en Algérie, communauté ayant battu le record à travers toute l’Afrique du Nord avec un taux oscillant entre 95 et 100 %) sa métamorphose consistant à transformer des Amazighs (Berbères) en Arabes !                                                            

C’est là, incontestablement, une insulte à Massinissa et autre Jugurtha voire un crachat sur les tombes de ces pionniers de la TERRE DES HOMMES LIBRES… parmi tant d’autres héros de ces temps reculés !

 

La question identitaire dans cette Algérie, partie prenante de l’Afrique du Nord ou Berbérie

flagge-algerien-23-150x99 Crise identitaire /// dans POLITIQUELa question de l’identité, en Algérie, ne date pas d’hier. Cela remonte à l’orée de la décennie 1930.

Ce ne sont, pour ainsi dire, que les retombées de cette pierre d’achoppement d’avant la Seconde Guerre mondiale qui fonderont, pour commencer, la crise de dix-huit mois, laquelle sera réduite à des dissensions du PPA-MTLD (Parti du peuple algérien – Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques). Ce sera alors, et sans conteste, une première dans les annales du mouvement national avec ses berbérophones « aguerris » qui déclareront, de façon tout à fait ouverte, leur identité et qui feront montre d’une volonté intense de se réapproprier leur histoire plusieurs fois millénaire.

Très vite, le noyau d’affirmation qui forme, de façon simultanée, l’aile radicale du parti, sera étouffé. Par conséquent, de nombreux nationalistes berbérophones seront éliminés dont certains par dénonciation aux forces répressives coloniales. 

Le premier « Printemps berbère » est né et le maître d’œuvre ne sera autre qu’Amar Immache. Un printemps certes étouffé mais pas du tout anéanti.

md-ou-idir-ait-amrane-33-150x106De là, sensibilisés par les vétérans de la cause berbère, une kyrielle d’étudiants et de lycéens reprendront le flambeau. Il s’agira notamment d’Ali Laïmèche, Amar Ould-Hamouda, Belaïd Aït-Medri, Mohand Saïd Aïche et Mohand Ou-Idir Aït-Amrane (c’est lui qui sera le président du Haut Commissariat à l’Amazighité, HCA, dans le courant du deuxième trimestre de l’année 1995). Cette nouvelle génération sera animée d’un enthousiasme exemplaire et ira de l’avant pour assurer l’étude et la réhabilitation des langue et culture berbères.

Ce prompt éveil du courant berbérophone terrorisera au plus haut point les tenants de l’arabo-islamisme, à telle enseigne qu’ils ne toléreront même pas la traduction d’un discours religieux de l’arabe littéraire au berbère. De tels indices, amplement révélateurs, exposent au grand jour l’atmosphère qui régnait au sein du mouvement nationaliste.

Une telle prise de conscience identitaire, sans pour autant mettre en marge cette maturation politique manifestée, déclencheront sur le coup le processus de blocage et déboucheront sur la volonté de certains berbérophones de clarifier politiquement la véritable identité historique de l’Algérie et rechercher par quel(s) moyen(s) l’intégrer à l’intérieur du mouvement national dont l’idéologie était, jusque-là, exclusivement arabo-islamique.

Ladite effervescence culturelle et politique suscitera, parmi les militants de la cause berbère, une réflexion sur les questions nationale, démocratique et linguistique. Mais l’impitoyable répression des manifestations du 8 Mai 1945, refoulera pour une période de telles questions. Conscients de l’hostilité du PPA à la réhabilitation des langue et culture berbères, les responsables formant l’aile berbérophone chercheront à jeter un fondement rationnel au mouvement nationaliste, seul cadre permettant d’assumer la dimension amazighe. La question identitaire se trouvera, par conséquent, indissociable de celles de l’indépendance nationale et de la démocratie.

Cette approche sera développée au mois de mars de l’année 1946 par les cadres militants de la cause berbère, devant Amar Khellil, délégué officiel du parti, en présence de quelques autres militants, notamment Amar Cheikh, Messaoud Oulamara, Belaïd Aït-Medri, Salem El-Hadj et Mohand Amokrane Khelifati, pour qui la mise entre parenthèses de la question berbère sera décidée à ladite rencontre.

Le 11 mars de l’année 1954 naîtra, à l’initiative d’anciens militants du PPA-MTLD, une association (laquelle sera occultée par tous les historiens algériens) qui aura pour mission la prise en charge de la question berbère. La mise sur pied de cette structure représentera la dernière manifestation explicite de la revendication linguistique berbère avant que le pays ne recouvre son indépendance nationale.

kateb-yacine2Et ce ne sera qu’en 1965 que la question berbère sera remise sur le tapis et seulement dans les milieux universitaire et intellectuel, sur fond de conflit avec le parti du FLN et l’UNEA (Union nationale des étudiants algériens).

L’un des rares voire le seul intellectuel algérien à s’exprimer ouvertement en faveur de l’enseignement de la langue ancestrale qu’est tamazight, sera Kateb Yacine.

C’est à la même époque que Mouloud Mammeri recevra l’ordre verbal d’Ahmed Taleb El-Ibrahimi (alors ministre de l’Enseignement supérieur), pour l’ouverture, à titre informel, d’une chaire de langue berbère à la Faculté centrale. En clair, ce projet, sans fondement aucun puisque n’ayant nul caractère officiel, n’avait pour seul et unique objectif que de calmer le mouvement estudiantin. La première année verra très peu d’étudiants qui seront attirés par le cours mais, dès la deuxième année, le nombre s’accroîtra toujours davantage et cet éveil de la communauté estudiantine pour l’étude de la langue berbère suffira amplement pour que le pouvoir en place procède à la fermeture pure et simple de ladite chaire. 

Et, dès cet instant, ce sera le retour en force du discours officiel arabo-islamique, exclusiviste et négateur. Kateb Yacine agira spontanément pour dénoncer de tels discours, notamment dans les termes qui suivent : « Au nom d’une arabisation démagogique, on continue à assommer le peuple avec une langue classique qu’il ne parle point.« 

Dans un tel contexte, affirmer ou revendiquer la réalité berbère serait certes s’exposer et être taxé de divers qualificatifs se traduisant quelque peu comme une traîtrise à la nation où le contrevenant est taxé de : « contre révolutionnaire« , de « réactionnaire » et de moult autres accusations qui se verront, tel un processus automatique, suivies d’arrestations arbitraires et, le plus souvent même, de… tortures.

Désormais, la langue berbère sera frappée d’interdiction d’usage jusque dans les tribunaux. Pis encore ! Après la fermeture des radios locales, avec pour toile de fond les stations qui usent de la langue amazighe pour la diffusion de leurs programmes, viendra ensuite le tour des reportages sportifs à partir des stades, retransmis jusque-là en kabyle via les ondes de l’actuelle deuxième chaîne radiophonique, ceux-ci le seront dès lors en… arabe. Plus tard, pour mieux saborder la chaîne nationale d’expression berbère, d’une façon générale, et la langue berbère elle même, on installa à la tête de la structure quelqu’un dont on est sûr qu’il agira dans ce sens parce qu’arabophone d’une part, intégriste et arabiste passionné d’autre part mais, le comble, détestant atrocement les Kabyles et la langue qui est la leur ; et celui-ci n’est autre que… Tahar Ouattar.

La basse besogne d’un tel pouvoir, faisant montre d’un acharnement contre l’amazighité, ne s’arrêtera pas là puisqu’il procédera peu après à la prohibition des noms berbères antérieurs à l’avènement de l’Islam. Enfin, le recours à des chanteurs arabophones plutôt qu’à des berbérophones lors de manifestations socioculturelles, sera perçu comme des agressions et des provocations exacerbant les tensions au point que cela ira jusqu’à engendrer des affrontements graves à Larbâa-Nath-Irathen entre citoyens et éléments de la gendarmerie nationale ; ceci se passait en 1974, lors de la fameuse Fête des cerises, où il y eut incontestablement trois morts parmi les civils… D’où, ladite manifestation, jusque-là régulière, se verra dès lors mise au rebut.

bessaoud-md-arab1-114x150Alors que l’on cherche à l’étouffer en Algérie, la revendication berbère s’affirmera au sein de l’émigration, en France, grâce à la création de l’Académie berbère, initiée par Mohand Arab Bessaoud. Ce dernier, sur conseil de Mahdjoub Aherdan, militant marocain de la cause berbère, ressuscitera et diffusera l’écriture ancestrale Tifinagh. Et cette action s’avérera le déclic qui sera à même de réactiver le mouvement de revendication berbère. La découverte et la diffusion de cette graphie multimillénaire jouera un rôle de clef puisqu’elle actionnera la marche.

Incontestablement, de 1967 à 1976, l’Académie berbère, qui recrutait particulièrement dans les milieux ouvriers d’outre-mer, s’avérera être le meilleur foyer de cristallisation de la dynamique amazighe et ce aussi bien en France qu’en Algérie. Son action suscitera au sein de la jeunesse algérienne une prise de conscience identitaire aiguë.

La suppression, par le pouvoir en place, de la chaire de langue berbère au sein de la Faculté centrale, déplacera vers la rue l’affirmation linguistique et culturelle relative à cette institution.

En parallèle, et pour la première fois dans l’histoire du mouvement qui se déclare mener une lutte implacable en faveur de l’identité et de la linguistique berbères, des militants exacerbés, parmi lesquels figure Mohand Ousmaïl Medjeber, passeront, en janvier 1976, à l’action… violente. Ce sera, par conséquent, cette fameuse affaire dite des « poseurs de bombes« .                                                                                                                                                                                                 

Ceux-ci inaugureront la toute fraîche Cour de sûreté de l’Etat et se verront condamnés à de lourdes peines.

Quant à un autre groupe de militants, ce collectif passera devant un tribunal militaire et écopera de dix à quinze années de prison ferme, selon ce qui est reproché à chacun des membres le composant.

Le 19 juin 1977, à Alger, à l’occasion d’un match de football comptant pour la coupe d’Algérie, opposant la JET (c’est donc là l’ex JSK qui devient Jeunesse électronique de Tizi-Ouzou et ce pour des raisons politiques et politiciennes) au NAHD, dont le trophée sera remporté par le club kabyle, les supporters brandiront des banderoles écrites en tamazight et scanderont des slogans, les uns hostiles au pouvoir en place et les autres glorifiant la langue ancestrale algérienne. En voici quelques-uns : « JS n imazighen« , « La langue amazighe vivra« , « L’Algérie n’est pas arabe« , « À bas le sectarisme !« , etc…

boumediene-sur-fauteuil-dore1-150x112Le président en exercice, Houari Boumediene en l’occurrence, voyant le mouvement amazigh reprendre du souffle après la terrible répression dont il a fait l’objet, enverra expressément des émissaires auprès de ces connus sous le vocable de « poseurs de bombes » pour l’entame de tractations secrètes. Il ira jusqu’à leur proposer « la liberté immédiate » s’ils acceptent d’intervenir efficacement pour endiguer la remontée de la revendication berbère. Lesdits condamnés à la « peine capitale » refuseront de marcher ; ils préféreront passer à la guillotine et, dans un tel cas de figure, être décapités, plutôt que d’être à l’origine de la brisure du mouvement. Conséquemment au refus desdits « condamnés à mort » de jouer le jeu du pouvoir, la revendication venant de reprendre du souffle s’amplifiera et ira crescendo.

chadli-bendjedidSous le règne de Chadli Bendjedid, venant fraîchement d’être le nouveau locataire du palais d’El-Mouradia, l’interdiction d’une conférence sur le thème « Poésie kabyle ancienne« , que devait donner Mouloud Mammeri à l’université Hasnaoua de Tizi-Ouzou, au mois de mars 1980, sera inévitablement la goutte qui fera déborder le vase voire la mèche enflammée qui mettra le feu aux poudres.

Cet énième dérapage, inscrit en gras dans l’histoire inhérente à la question identitaire, représentera le second « Printemps berbère« , muri par tant d’expériences et de souffrances. Conséquemment à cela, la communauté estudiantine sortira maintes fois dans la rue pour sillonner les artères de la ville des Genêts, scandant à tue-tête des slogans hostiles au pouvoir. Ce dernier, comme à son accoutumée, usera de la force au lieu d’apaiser les esprits et d’instaurer un dialogue serein. Aussi, pendant plusieurs semaines de suite, le Col-des-Genêts se verra bondé de CRS de même que de gendarmes et de… militaires. La capitale du Djurdjura sera, par conséquent, bouclée de part et d’autre ! Ladite occupation des lieux par ces corps constitués touchera jusqu’aux confins de cette ville pour ne citer que Oued-Aïssi, un faubourg situé à une dizaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya. 

prison-150x108Précisons, dans ce contexte, que la cité universitaire que compte ce site sera violée bien tard dans la nuit par les CRS qui, munis de chiens dressés, ne reculeront devant rien pour franchir les seuils des chambres et agresser les étudiants dans leur sommeil même.

Beaucoup d’arrestations se feront parmi les étudiants et autres militants de la cause berbère. Tout ce beau monde n’échappera guère aux lassants et interminables interrogatoires de la police et beaucoup seront incarcérés dans ces mêmes geôles de ces prisons tristement célèbres, édifiées et utilisées par la France coloniale pour interner, torturer voire abattre froidement des autochtones ne faisant que revendiquer leur indépendance pour vivre libres dans ce pays, l’Algérie, qui est leur propriété à part entière.

Avec Liamine Zeroual, à la magistrature suprême, les choses ne connaitront guère une amélioration sensible eu égard à cette question de l’identité mais jouiront quand même d’un certain « plus » lequel est incontestablement à mettre à l’actif de ces populations kabyles, seules et uniques à lutter pour une cause pourtant nationale et par conséquent commune alors que quand il s’agit de droits arrachés au prix de moult sacrifices, beaucoup de ceux demeurés à… l’ombre, d’où tout à fait indifférents pendant les moments de lutte, en tirent… profit au même titre que ceux ayant affronté les bombes lacrymogène et, parfois même, les balles réelles d’armes de guerre.

Donc, après quelque sept longs mois de grève du cartable, le pouvoir en place maintiendra sa position de refus quant à la satisfaction de ce que revendique une partie du peuple algérien. Revendication qui n’est autre que la reconnaissance officielle de sa langue ancestrale.

Nonobstant les climats de tension et de terreur, provoqués par le pouvoir, le MCB (Mouvement culturel berbère) usera de moyens pacifiques dans l’objectif de demeurer fidèle à ses moyens de lutte.

Après la fameuse commission officielle dite « Sifi » et le « Comité des sages« , qui se déplaceront à Tizi-Ouzou pour rencontrer le MCB, les manœuvres contre l’amazighité connaîtront, de nouveau, un accroissement.

Contre toutes ces manœuvres dont se sert le pouvoir pour intimider les acteurs du mouvement, les syndicats des enseignants, les parents d’élèves et le MCB répondront par la négative au chantage et décideront de maintenir le boycott jusqu’à satisfaction pleine et entière de ce qu’ils revendiquent.

À l’issue de la rencontre du 22 avril 1995, entre une délégation composée de membres du MCB et du SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation) d’un côté et, de l’autre, une commission dépêchée par la présidence de la République, un accord sera signé conjointement par les deux parties.

Le lendemain, 23 avril, le MCB appellera les élèves à reprendre les cours à la date du 29 avril.Le 28 avril, Liamine Zeroual, en sa qualité de président de la République, signera le décret relatif à la création du HCA (Haut Commissariat à l’Amazighité) avant de procéder, le 7 juin de la même année, à l’installation officielle de ladite institution.

Quatre jours plus tard, le 11 juin bien exactement, le HCA tiendra sa première réunion, rencontre au cours de laquelle l’assemblée élira son président (en la personne de Mohand Ou-Idir AÏt-Amrane) et arrêtera son programme d’action.

La concrétisation dudit programme verra déjà, à la rentrée de septembre 1995, l’introduction de la langue berbère dans le système éducatif. Cette opération sera lancée à titre expérimental et, par conséquent, des classes pilotes seront ouvertes à travers seize wilayas.

La déduction pouvant être faite de la campagne, menée tambour battant à l’époque, c’est qu’en dix-huit longues années d’enseignement, la langue berbère demeure toujours et encore au stade d’essai en laboratoire. Incontestablement, c’est de l’inconcevable et du jamais vu sur la planète Terre.

benbouzid-150x150Entre autres aspects de ce qui vient d’être dit, évoquons cette histoire de graphie, réitérée par le premier responsable du secteur. Celui-ci clamera haut et fort, à l’occasion de la clôture de la conférence des directeurs de l’Education, laquelle s’est déroulée les 27 et 28 août 2006, à Ben-Aknoun : « Nous ne sommes pas encore arrivés au stade de généraliser la langue amazighe sur le territoire national car même les parties qui sont chargées du dossier ad hoc ne sont pas encore parvenues à un consensus autour de sa transcription. Va-t-on user des caractères latins, des caractères arabes ou du tifinagh ? » Sans commentaire ! Il y a également ces députés (pas tous fort heureusement mais quand même la quasi-totalité) pour qui tamazight n’est qu’une arête en travers de la gorge et qui font, par conséquent, tout ce qui est en leur pouvoir pour contrecarrer sa vulgarisation et mettre les bâtons dans les roues quant à ce qui touche à son enseignement et surtout sa généralisation à travers le territoire national.

Ce qui dénote alors et de façon tout à fait claire que la volonté politique de prendre sérieusement en charge cette  question… n’y est sans conteste point. Parmi tant d’autres preuves rassemblées sur le sujet et malgré que toutes sont dignes d’intérêt, faisons quand même passer celle-ci en priorité : sur les seize (16) wilayas sélectionnées en 1995 pour qu’elles soient régions pilotes, plus que… douze (12) subsistent encore à la fin de l’année scolaire 2008-2009 avec quelque 566.000 élèves qui suivent régulièrement ces cours de langue ancestrale dont la forte concentration se situe dans les régions kabylophones telles que Bejaïa et Tizi-Ouzou en comptant aussi, de façon tout à fait partielle, Bouira et Boumerdes ; ces wilayas totalisent à quatre quelque 550.000 ! En nous inspirant de tels chiffres, que l’on peut prendre comme hypothèse, il nous est loisible d’estimer que chacune des huit wilayas restantes compte quelque 2.000 élèves avec 60 en moyenne par commune. Alors que pour les régions kabylophones, c’est 184.000 en moyenne pour chacune des deux wilayas que sont Bejaia et Tizi-Ouzou et le même nombre pour Bouira et Boumerdes jumelées. Ce qui revient à dire que pour la région du Djurdjura et la vallée de la Soummam la moyenne par commune peut être de 3.680 tandis que concernant Bouira et Boumerdes, cela pourrait être la moitié, donc quelque chose comme 1.840, en prenant en compte ces contrées arabophones qui ne seraient certainement pas intéressées par cette matière qu’est tamazight étant donné que le département placé sous la coupe de Benbouzid… la laisse facultative.

youcef-merahi-150x103Le secrétaire général du HCA, en la personne de M. Merahi Youef, dans son intervention à l’occasion du 29e anniversaire du Printemps berbère, coïncidant avec le 8e anniversaire du Printemps noir, n’hésitera guère d’endosser la responsabilité d’un tel échec au ministre de l’Education nationale qu’il incriminera d’avoir « sciemment » laissé pourrir les choses en ayant fait fi des accords passés en 1995 et du décret présidentiel venu peu après sans compter le fait que tamazight ait accédé en 2002 au statut de langue nationale et consignée comme telle dans la loi fondamentale du pays. Donc, pour le numéro UN du département de l’Education, il faut à tout prix mettre les bâtons dans les roues pour ralentir la promotion de cette langue ; et, pour atteindre un tel objectif, tous les moyens sont bons y compris celui consistant à retarder autant que possible sa généralisation.

Sur un autre plan, toujours dans le cadre de la promotion des langue et culture amazighes, le secteur de l’audiovisuel verra, pour sa part, l’introduction d’une édition complète d’informations à la télévision étatique. Quant aux deux heures quotidiennes de programmes variés, promis par l’ENTV (Entreprise nationale de la télévision) au HCA qui en a formulé la demande, l’institution dirigée par Hamraoui Habib Chawki (HHC, dans le jargon journalistique) à l’époque, prétextera quelque temps plus tard, en guise de réponse, l’absence de producteurs. Là aussi, le but recherché n’est autre que celui de contrecarrer non pas seulement la promotion de tamazight mais son existence même.

Par ailleurs un certain nombre de films cinématographiques seront tournés en langue berbère dans leur version originale mais, ce qui est à déplorer, cependant, c’est qu’à l’exception de Machahou et de La montagne de Baya, coproduits par Abdou Benziane (dit Abdou B.), ancien directeur général de l’ENTV, de telles productions ne passeront plus jamais sur la chaîne câblée de la Télévision… algérienne après le limogeage de cet homme de métier par Sid Ahmed Ghozali qui succéda à Mouloud Hamrouche à la tête du gouvernement. 

boutef-en-tenue-privee1-150x119L’ère Bouteflika, qui débuta à la fin du mois d’avril 1999, laissa entrevoir, dès l’entrée sur scène de l’ex-candidat du « consensus« , l’énième obstacle se préparant en catimini pour la question identitaire. Ceci deviendra apparent au cours de la visite qu’effectuera à Tizi-Ouzou le président de tous les Algériens, dans le cadre de sa campagne sur la concorde civile via le discours qu’il prononcera dans la ville des Genêts. D’emblée, il dira à son auditoire kabyle : « De loin, on vous voit géants mais dès qu’on se rapproche de vous on constate que vous n’êtes que des nains ! » Il poursuivra : « Je suis venu crever votre ballon de baudruche ! » avant d’ajouter encore, sur un ton similaire et provocateur : « Même si tamazight devait devenir langue nationale, elle ne sera jamais officielle !« , comme si l’orateur se considérait président à vie voire éternel sur terre et sur le trône pour qu’il se permette un tel langage affirmatif ; tout comme il est possible aussi, qu’en plus de sa haine manifestée sans retenue aucune, il ait voulu faire plaisir, par la même occasion, à ces apparatchiks ayant horreur de la Kabylie et détestant les Kabyles.

Ces propos outrageants, avalés tant bien que mal par les habitants de la contrée, les Kabyles subiront de nouvelles provocations… à la veille même du 21e anniversaire du Printemps berbère, comme si cela était prémédité : d’abord par l’humiliation du lycéen Guermah Massinissa dans la brigade de gendarmerie de Beni-Douala et les balles d’arme de guerre qui causèrent sa mort, ce d’une part ; de l’autre, l’humiliation des collégiens d’Amizour et de leur professeur d’EPS par ce même corps affilié à l’Armée nationale populaire ; ça ne s’arrêtera pas là à l’encontre de ces pauvres populations de Kabylie puisque l’humiliation émanera cette fois-ci d’officiels censés être les supérieurs hiérarchiques de ce corps de sécurité : ces derniers ne se garderont par conséquent pas de déverser leur venin sur les Kabyles.

guermah-massinissa-21-150x96À la suite de tels abus, les tensions s’exacerberont au fil des jours voire des heures et des émeutes éclateront au fur et à mesure dans diverses localités de cette Kabylie quelque peu distincte des autres régions du pays au regard de son aptitude à se faire gouverner par elle-même avec ses tajmaât et lâarch, pour ne citer que ces deux organisations territoriales lesquelles étaient en vigueur dans le passé et ont pu fournir des preuves formelles sur cette capacité des Kabyles en matière d’initiatives et de compétences.

Ce sera alors l’occasion tant attendue par un pouvoir méprisant pour réprimer et mater cette région qu’il abhorre au plus haut degré. Le bilan sera lourd… très lourd même : presque treize dizaines de morts et six milliers de blessés parmi les manifestants dont des cas extrêmement graves pour la plupart des victimes de cette campagne orchestrée en haut lieu, montrant de façon tout à fait nette cet acharnement manifeste sur les Kabyles. Un printemps « macabre » ou, comme appelé par les citoyens occupant ce territoire gardant encore, et d’une manière défiant l’ensemble des autres régions du pays, langue et culture ancestrales, un « printemps noir » !!!

Non satisfait par une telle tragédie dont il est l’auteur à part entière, le même pouvoir, par le truchement de sa police et de sa milice algéroise (ces baltaguia qu’il recrute temporairement et qu’il paie à un prix fort avec l’argent du contribuable et les recettes provenant du pétrole), réprimera sauvagement la marche historique du 14 juin 2001, qui a vu quelque trois millions de personnes gagner simultanément la capitale.

Apportons cette précision de taille qu’au massacre physique et…  officiel auquel eurent droit les Kabyles ayant fait le déplacement sur Alger, l’ENTV, donc l’Unique, fidèle à elle-même et ce par le biais de son chef suprême, Hamraoui Habib Chawki (HHC), ne dérogea point à la règle et, pour dénigrer la Kabylie et ces Kabyles honnis, ne trouva pas mieux que de hhc-21-115x150faire un montage audiovisuel, qualifiable de diabolique, qu’elle montra, sous forme de scoop, à son journal de 20 heures et ce certes en guise de… flagornerie au maître.  

Honte à HHC ainsi qu’à tous ceux, des lèche-bottes de sa trempe, complices de tels bobards et de telles absurdités pour porter atteinte à la dignité des Kabyles, faisant d’eux, sans retenue aucune, des mercenaires, des casseurs, des pilleurs… et, de surcroît, maltraités par cette institution pourtant de service public et donc, sans conteste, pas la propriété privée de M. Untel ou de Mme Unetelle mais assurément la propriété du… peuple algérien !

Quant au pouvoir, pour revenir à lui, sourd à tous les appels émanant du camp démocratique et républicain, continua sur sa lancée jusqu’à la veille du 22e anniversaire du Printemps berbère où, échéance électorale oblige, il lâcha un peu de lest à travers le discours présidentiel du 12 mars 2002 en faisant part de son accord quant à la mise en pratique des revendications contenues dans la plate-forme d’El-Kseur.

Le premier pas, dans ce contexte, sera la convocation des deux chambres du parlement (Assemblée nationale populaire et Sénat) par le premier magistrat du pays en cette année 2002 pour procéder au vote devant consacrer tamazight langue nationale.

Viendra ensuite un « simulacre » de dialogue avec les âarch, sous la coupe d’Ali Benflis alors chef du gouvernement. Simulacre parce qu’au lieu d’inviter des interlocuteurs dignes de représenter le mouvement citoyen « combattant« , on fit appel aux âarch Taïwan, n’ayant, à vrai dire, aucun lien  avec le soulèvement populaire de la Kabylie.

Avec l’avènement d’Ahmed Ouyahia à la tête de l’exécutif, il y eut seconde tentative de pourparlers et ce, certes, à l’approche d’échéances électorales comme de coutume. Cette fois-ci, on tira la leçon de l’échec enregistré lors du premier round des négociations en ayant fait appel à de faux représentants du mouvement citoyen d’où, on rectifia le tir et on invita les véritables délégués, bien entendu ceux dont les noms ont beaucoup circulé lors de l’insurrection et, sans conteste, plus connus à travers monts et collines de la Kabylie tout entière voire au-delà de ce même territoire.

ouyahia-et-belkhadem1-150x111Plusieurs séances consécutives furent tenues à l’effet d’étudier conjointement les voies et moyens à mettre en œuvre pour la concrétisation des divers points que comporte la plate-forme d’El-kseur et tout avait l’air de baigner dans l’huile avec espoir d’éclaircie à l’horizon lorsque, soudain, tout bascula, hélas, avec cette irruption d’Abdelaziz Belkhadem, succédant à Ouyahia, puisque le nouveau locataire du Palais du gouvernement ne trouva pas mieux que de mettre fin au dialogue initié et entamé par son prédécesseur avant de franchir ce pas ignomineux (cela ne doit étonner personne car en Belkhadem, on voit d’une part un islamiste et un intégriste et de l’autre un ennemi juré de tamazight) qui ne sera rien d’autre que la fermeture pure et simple du dossier.                                                                                             

Sur un autre plan, n’omettons pas d’ajouter que Yennayer, premier jour de l’an berbère, n’est toujours pas reconnu officiellement au même titre que le 1er Janvier et Awel Mouharem, malgré inscrit parmi les revendications des âarch.

Quant à la chaîne TV en tamazight, il y a lieu de préciser eu égard à ce point précis, que c’est depuis 2004 qu’on claironnait son lancement mais, en pratique, rien n’est venu crever les yeux ni les tympans non plus. Enfin, voilà que le rêve est devenu réalité à la veille des présidentielles de 2009. Avec ces rumeurs incessantes de boycott, notamment en Kabylie, cette région frondeuse et rebelle, on procéda officiellement à l’ouverture de ladite chaîne et ce en ce 19 mars, une date doublement historique puisque anniversaire du cessez-le-feu d’abord et ensuite… naissance de cette même chaîne TV tant espérée et attendue après que le projet eut fait le parcours du combattant et donc connu mille et une péripéties avant de voir le jour finalement d’où, et sans aucun doute, l’accouchement ne se fit certainement pas sans une douleur atroce.                                                                                                                                                                                

Mais, tout compte fait, le pouvoir, fidèle à lui-même, n’offrit aux Imazighen qu’un cadeau « empoisonné » puisqu’il prit le soin de ne faire de la TV4 que quelque chose de creux, seulement une coquille vide ; pour atteindre cet objectif malsain, il sigle-chaine-tv42-150x135plaça à la tête de ladite institution un élément fidèle à sa politique « dévastatrice », Saïd Lamrani pour davantage de précision, personnage qui n’a d’ailleurs aucunement failli à la mission qu’on lui a confiée puisqu’il a joué convenablement le rôle dont on l’a chargé, en faisant de la TV4, pourtant un pur produit de longues luttes acharnées, un  »bien personnel » et, par conséquent, n’a eu de cesse que porter atteinte à la chaîne avec un comportement sans conteste indigne de celui devant être affiché par un chef suprême d’une structure aussi importante ; outre ses « abus d’autorité », ses « passe-droits », son « obsession » et ses « obscénités » (malgré son âge nettement avancé : un bonhomme devant en principe être mis à la retraite depuis plus d’une décennie déjà), en allergique à tout ce qui est amazigh, notamment eu égard à ce qui touche à la promotion des langue et culture berbères, il n’a ménagé aucune occasion, infime soit-elle, et aucun effort non plus, pour réussir la prouesse de faire de la TV4 un média symbolique en tout et pour tout ; aussi, il a mis en œuvre tout son savoir-faire en matière de sabordage et de dénigrement pour que la chaîne chefif-kheddam-sur-pochette-disquetélévisuelle amazighe ne remplisse en aucune manière la mission devant être la sienne ; et, entre autres « gros » dérapages de sa part, pendant que chaînes radiophoniques et télévisuelles nationales faisaient l’annonce de la disparition du maestro Cherif Kheddam et lui rendaient hommage en faisant la rétrospective de son itinéraire artistique et en diffusant ses chansons, la TV4 avait, pendant ce temps, carrément tourné le dos à pareil évènement ; la bourde était tellement « grosse » qu’elle ne pouvait certes passer inaperçue que, avec la dénonciation faite dès le lendemain par la presse écrite indépendante et laquelle s’est rapidement propagée telle une traînée de poudre, la tutelle a certainement dû intervenir pour que le tir soit immédiatement rectifié. En termes on ne peut plus clairs, c’est dans pareille besogne qu’excelle cet homme de troisième âge, un ancien journaliste à la chaîne II de la Radio nationale. C’est vraiment honteux de sa part de même qu’avilissant aussi et ce non pas seulement pour sa personne mais également pour l’ensemble des siens ; enfin, triste et humiliant pour les Kabyles par ce fait que ce soit un des leurs qui cause préjudice à leur langue ancestrale et ternit sciemment leur culture.

Pour conclure, disons que la question identitaire, ce problème crucial, n’a incontestablement pas connu d’avancée considérable malgré les quelques points positifs enregistrés depuis la grève du cartable, observée quasiment tout au long de l’année scolaire 1994-95.

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4 avril, 2013 à 12:42 | Commentaires (0) | Permalien


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